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Minimalisme, souvenirs et culpabilité

lundi 3 juillet 2017


C’est lorsque j’étais en Europe, avec probablement moins du centième de mes possessions, que j’ai considéré avec intérêt le minimalisme pour la première fois. Je me souviens avoir pensé avec un peu d’angoisse à la majorité de mes possessions, qui gisaient dans le sous-sol familial, attendant d’être déménager dans mon nouvel appartement torontois.

Déjà, en France, j’avais commencé à épurer les vêtements qui ne me faisaient plus, ceux que je ne voyais pas comme une part de la nouvelle garde-robe minimaliste que je convoitais, ceux que je ne pouvais plus voir en photos pour les avoir trop portés. J’avais aussi fait un immense tri de ma trousse à cosmétiques, ne conservant que le strict minimum, moi qui dévalisait hebdomadairement le Sephora.

Je me souviens, lors de ce premier tri de vêtements, avoir mis dans la pile de vêtements à donner un chemisier offert par mon petit dude, juste avant que l’on parte en voyage. Chemisier que j’avais mis une seule fois en six mois. Un beau morceau, mais le genre de trucs que je n’achète pas, entre autres parce que ce n’était ni noir, ni marine, ni gris. Et oui, ma garde-robe, si garnie soit elle à l’époque, avait déjà une étendue chromatique assez limitée.

Ce chemisier, donc, je m’étais sentie un peu coupable en le mettant dans la pile À donner, mais comme je ne l’avais porté qu’une fois, je trouvais un peu ridicule de lui faire une place dans ma nouvelle garde-robe épurée.

L’amoureux qui passait par-là (assez facile d’être dans la parage, comme nous vivions dans un studio) a vu le morceau en question sur la pile de vêtements. Il s’est exclamé parce qu’il ne savait pas que j’avais amené son cadeau en Europe, et il était vraiment heureux parce qu’il trouvait que ce morceau m’allait très bien. Malaise. Devais-je lui dire que ce morceau trônait sur ma pile À donner?
Je lui ai souris. La culpabilité a pris le dessus, j’ai déplacé la chemise dans la pile À reconsidérer. Puis, j’ai essayé le morceau, c’est vrai qu’il m’allait bien. Je me suis dit que je devrais peut-être ajouter un peu de couleur dans ma garde-robe, justement.

Un an plus tard, je l’ai porté deux fois. J’ai essayé de justifier ma décision de ne pas la donner de toute sorte de façon (je vais la mettre cet automne, je vais la mettre quand je vais trouver des leggings, je vais la porter comme lounge wear). Bref, j’ai essayé de justifier le fait de conserver un vêtement porté trois fois en 18 mois parce que je me sentais trop coupable de me débarrasser d’un cadeau.

Ce week-end, j’ai finalement décidé de me départir de ce morceau. Je sais que si je le conserve, il risque de rester suspendu à son cintre pendant les prochains mois. Je sais que si je le porte, ce sera probablement parce qu’il me nargue chaque matin, et que je me sens un peu mal de ne pas le porter. Je sais que je ne me réveillerai jamais en aillant envie de le mettre, et que je ne serai jamais déçue de constater qu’il est au lavage (deux bons indices si vous vous demandez si vous devriez conserver un morceau ou non.)

Cette chemise, c’était ma première expérience de la culpabilité que l’on peut ressentir lorsque l’on décide d’épurer son environnement. Et pourtant, ce n’était qu’un bout de tissu. J’ai par ailleurs constaté, avec mon déménagement, que l’on accorde une importance émotionnelle beaucoup trop grande aux objets. Qu’on s’y attache et qu’on les associe trop à nos souvenirs.

Je pense entre autre aux pyjamas que ma mère me donnait chaque année. Avant je m’en débarrassais sans réfléchir quand je ne les portais plus. À son décès, j’ai tout conservé pendant quelques années. Ceux qui ne me plaisait pas et que je n’avais pas osez lui demander de retourner quand elle était malade. Ceux qui ne me faisaient plus et que j’avais retrouvé dans la maison familiale. J’ai longtemps appréhendé le moment de m’en départir, mais je ne les portais pas. Je ne les regardais pas pour me remémorer des souvenirs. Je me sentais seulement trop coupable pour ne pas les conserver. Quelle personne ingrate j’étais de ne pas m’accrocher à ses derniers cadeaux qu’elles m’avaient offerts. J’avais l’impression de ne pas accorder suffisamment d’importance au souvenir de ma mère pour faire une place à quelques morceaux de vêtements.

Puis un jour, j’ai fait le saut. J’ai tout amené dans un centre de dons, sauf un pyjama qui me rappelait les matins de Noël. Et honnêtement, je n’ai jamais regretté le moindre de ces morceaux. Je n’ai pas l’impression d’avoir perdu certains souvenirs. Après tout, ce ne sont pas les vêtements entassés dans le fond d’un tiroir qui me rappelait nos traditions. Ce processus a été une grande étape dans ma capacité à me départir d’objets plus sentimentaux.

J’ai longuement poursuivi ma réflexion au sujet de l’attachement que l’on porte aux biens matériels, ce qui m’a finalement permis d’entreprendre, plus sereinement, le tri des nombreux albums photos que ma mère m’a laissé. Des milliers de clichés. Je suis loin d’avoir terminé, mais je suis maintenant prête à choisir les clichés que je veux chérir. Il y a des lots de clichés avec des gens que je ne connais pas, et des centaines de photos presque identiques (je suis enfant unique, donc chaque parcelle des dix premières années de ma vie a été immortalisé en de multiples clichés) dont je suis en train de me départir. J’ai comme objectif de me limiter à un album pour les vingt premières années de ma vie. Puis, pour la suite, je verrai. Il faut garder en tête que tout cela est un processus.


Et vous, vous êtes-vous départi d’objets auxquels vous accordiez une valeur sentimentale? Comment est-ce que cela c’est passé? 

Défi un mois végane… cinq mois plus tard!

lundi 5 juin 2017


À l’aube de janvier, je me donnais comme défi de faire un mois végane, soit un mois avec une alimentation végétalienne, et plus de ne pas utiliser de produits testés sur les animaux ou à base d’animaux.

Je croyais que ce serait vraiment difficile. J’ai répété oh combien de fois que je ne pourrais jamais devenir végétalienne parce que j’aimais trop le fromage, et pourtant, here I am, sans fromage et sans vraiment de craving. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir trouvé une succulente pizzaria végétalienne dans mon quartier (et là, je dois avouer que j’en ai mangé TOUS les vendredis depuis janvier) ou parce que je trouvais mes raisons de ne pas devenir végétalienne un peu stupide. C’est vrai après tout, moi qui roulait un peu des yeux à chaque fois que j’entendais des Oui mais, je ne pourrais jamais devenir végé, j’aime trop la viande/ le poisson/ les côtes levés, je justifiais l’exploitation animal de la même façon : parce que j’en aimais le goût. Bref, ce fût assez pour me convaincre d’essayer de sauter le pas de d’avoir une alimentation exempte de produit animal.



Ainsi, comme je le disais, j’ai trouvé des alternatives pour les rares envies de fromages que j’ai eues. Même si je peux encore admettre que le parmesan est pas mal la chose la plus tasty au monde, et que je n’haïrais pas trouver une réplique végétalienne du Comté, je survie, sans peine ni misère, à mon nouveau régime alimentaire. Par ailleurs, funny not funny story, quelques mois après avoir décidé de poursuivre un mode de vie végane, j’ai mangé de manière indésirée du fromage. J’ai réalisé que j’en avais mangé, et mon feeling n’a vraiment pas été oh my god pourquoi est-ce que je me suis privée de ce délicieux aliment des dieux pendant tout ce temps, mais plutôt, ah ouais, damn, y’a du fromage, il faut vraiment que j’upgrade mon espagnol, c’est vraiment con de me retrouver à manger du fromage après avoir passé 6 minutes à expliquer que je voulais pas de queso. Bref, de renouer avec le goût du fromage ne m’a vraiment pas donné envie de retourner vers mes vieilles habitudes devégétarienne. Il faut dire que les goûts changent. Si longtemps j’ai eu des craving bacon qui me faisait tenir loin des restaurants de brunch, je peux maintenant affronter le Cora sans saliver. Prends ça Pavlov.  Bref, faut croire qu’avec le fromage c’est un peu la même chose : on perd le goût et on se déconditionne. Ou l’inverse, allez savoir.

Je mentirais si je disais que le fait de m’informer davantage sur le mode de vie végane n’a pas faciliter ma décision. Après tout, c’est pas mal plus facile de se passer de quelque chose quand on se dit : yik, ces sécrétions de vache-là, si goûteuses soient-elle, sont pas si bonnes pour moi en plus d’être un peu un signe de mon no fuck given pour une industrie qui viole à répétitions des pauvres vaches pour mon plaisir gustatif. Ouais, je sais, je suis lourde. Mais bon. C’est un peu ça quand même, on se le cachera pas.



Bref, niveau alimentation, tout était chillos pendant le premier mois, et cet espèce de défi un mois végane m’a permis de dealer socialement avec la chose de manière plus douce que quand j’avais décidé d’être végétarienne. Comme si les gens se disaient, bon, c’est pour un mois, c’est pas dramatique. Puis après, j’ai seulement dit que j’avais trouvé ce défi fafa bébé et que je n’avais pas de raison de retourner en arrière. Prenez des notes, aspirants véganes, c’est peut-être votre porte d’entrée vers le véganisme en situation sociale. Que sais-je, outre que ça été plutôt fluide pour moi (sauf dans quelques occasions, sur lesquelles je reviendrai surement un jour parce que vraiment, je suis fière d’avoir écouté des commentaires comme toi, ça passe encore, mais ton chum lui, c’est pas bon pour lui, les hommes ont besoin de viande, sans trop sourcillé pis sans me mettre à crier en flippant des tables.)

Donc, comme je disais, depuis ce temps-là, je surfe sur la vague végétalienne, et tutto bene.
Pour ce qui est de l’autre partie de ce défi végane, aka tout ce qui n’est PAS relié à la nourriture, les choses ont été un peu moins easy peasy. Bon, je ne finissais pas mes journées en larmes, incapable de surmonter l’épreuve que cela représentait de ne plus acheter de produits testés sur les animaux ou contenant des sous-produits animaliers, mais disons que cela a demandé un peu plus d’adaptation. Premièrement, et peut-être mon plus gros drame (on verra ici que ma vie est assez smooth niveau drame cette année, c’est correct, j’ai donné), mon shampoing préf’ était à base de miel. Trop paresseuse pour me faire une tête sur le débat miel ou pas miel, je préfère m’abstenir pour l’instant. Bref, je vivais un drame capillaire, et je devais combiner une certaine idéologie minimalisme avec la recherche du Graal des shampoings. Je sais. La vie est dure. Est-ce que je l’ai trouvé. Non. Mais j’ai trouvé le meilleur masque pour cheveux secs, et je vous en reparle promis, promis. Bientôt.


Donc, rien de dramatique malgré tout, surtout une plus grande réflexion avant d’acheter. (Puis bon, des fois c’est lourd de devoir googler tout ce qu’on veut acheter parce que qui sait si X ou Y est végane.) Mais, à ce niveau-là aussi, j’ai survécu.



Et aujourd’hui, here I am, avec mes vieux Birkenstock en cuir que je ne veux pas remplacer avant qu’ils soient vraiment très usés (ce qui, selon estimation, devrait se produire dans 3 semaines or so. Ils sont vraiment dég.) et que j’ai bien hâte de remplacer par la version sans cruauté. Yup.
Pis c’est ça. Long story short, je progresse tranquillement dans le monde du véganisme, pis même si des fois c’est un peu plate (comme la fois où j’ai appris que ma marque préf’ testait sur les animaux), je tire vraiment beaucoup de ce mode de vie, et j’ai l’impression de redonner un peu aussi.  


Feke, un p’tit défi un mois végane, ça vous tente? 


Des nouvelles de la grande ville

vendredi 3 février 2017
Il y a six mois, je partageais que je m’apprêtais à quitter Montréal et ses jolis quartiers pour m’installer à Toronto, la grande ville que je ne connaissais pas et où rien ne m’attendait encore.

Comme l’amoureux et moi avions passé les six mois précédents à bourlinguer à travers l’Europe, je croyais que ce serait franchement un jeu d’enfant que d’aller affronter l’inconnu de mon propre pays. Or, j’oubliais qu’entre voyager et s’installer, il y a une marge, plutôt imposante, d’ailleurs.

La grande ville, pour vrai de vrai.

La grande ville version nature. C'est lovely, disons-le. 
Petite bachelière fraichement diplômée, je devais me trouver rapidement un emploi pour payer ma part du loyer (excessivement cher, comme le veut la vie dans une métropole). Je n’avais pas de plan de carrière fixe, et j’ai donc passé quelques semaines à faire de l’introspection sur mes envies, à éplucher les sites de petites annonces, à réécrire des lettres de motivation et à fixer le téléphone en attendant qu’il sonne.

J’ai été plutôt chanceuse, ma recherche fût plutôt brève car j’ai eu la chance d’avoir un tuyau d’une amie bloggeuse qui m’apprenait qu’un poste (d’entrée) se libérait dans une compagnie de rêve (lire ici dans une maison d’édition.

J’ai rêvé de fouler les planchers de cette entreprise jusqu’au jour de l’entrevue, je me suis présenté un peu stressée avec ma seule robe – celle qui était dans mon sac à dos pendant que j’explorais cet hiver; je n’avais pas encore eu la chance d’aller récupérer mes trucs entreposés à Montréal – et quelques jours plus tard, j’avais un nouvel emploi.



Un des perks de travailler dans le chouette monde de l'édition. 

Puis, dans les mois qui ont suivi, j’ai tranquillement fait mon chemin pour migrer vers une autre division de la compagnie. Je ne m’étendrai pas sur cette petite tranche de vie, que je détaille de toute manière sur d’autres médias sociaux (hello, LinkedIn). 

Bref, il y a déjà un bon moment que j’ai écrit ici, et pourtant, j’aurais eu tant de choses à partager.

Dans les derniers mois, j’ai poursuivi mon cheminement vers le minimalisme, j’ai progressé dans ma quête du mieux-être, et aussi, dans celle de vivre mieux, en ayant moins d’impacts sur l’environnement. 

En janvier, je m’étais mise au défide réaliser un mois végane, et je compte le prolonger les habitudes que j’ai adoptées aux prochains mois, puisque j’ai réalisé qu’en fait, ce n’était pas vraiment un défi. J’expérimente de nouveaux comportements dont il me tarde de vous parler, j’en ai adopté quelques-uns aussi.


La pizza végane d'Apycalypse, l'une des plus belles découvertes de janvier.

Échanger avec vous, être inspirée par vous m’a manqué. Je suis heureuse d’être de retour.

Alors, dites-moi tout, qu’est-ce que j’ai manqué dans les six derniers mois? Quels petits ou grands changements avez-vous faits?



Désencombrer : 5 conseils pour épurer son environnement

mardi 28 juin 2016


Ce week-end, comme bien des gens, je déménage. Je m’exile de mon Montréal préféré pour aller m’installer avec l’amoureux à Toronto. Pour être cohérents avec notre idéologie minimaliste - et aussi parce que le prix des loyers et excessivement élevés à Toronto - nous allons nous installer dans un petit 3 et demi. Passer d’un grand 4 et demi à un petit 3 et demi signifie nécessairement de diminuer nos possessions, ce que j’attendais avec impatience.

Comme mes boîtes ont été faites il y a plusieurs mois, bien avant notre départ pour l’Europe, c’est une fois toutes nos affaires déménagées que nous amorcerons le processus de désencombrement. Si vos boîtes ne sont pas encore faites, ou si vous ne déménagez pas cette année, et que vous voulez épurer un peu votre environnement, voici quelques conseils à suivre pour vous faciliter la tâche.

1) Préparez-vous
Avant de débuter, assurez-vous d’avoir sous la main des boîtes ou des sacs identifiés selon les catégories suivantes : Donner, Recycler, Jeter, Relocaliser
Aussi, faites vos recherches avant de commencer votre tri. Où pouvez-vous apporter les vêtements maintenant trop petits? Où pouvez-vous donner les meubles que vous ne voulez plus?

2) Ne pas vouloir tout faire en une journée
Désencombrer son appartement ou sa maison est un processus long qui suscite beaucoup de questionnements. S’il est possible de réduire considérablement la quantité d’effets dans notre garde-robe en un week-end, vouloir épurer toute notre demeure en 24 heures est un projet de beaucoup trop grande envergure. Vous risquez de refermer les portes de vos armoires sur un bazar et ne plus jamais vouloir y toucher. Le minimalisme est un processus continu. Oui, un premier grand désencombrement est nécessaire, mais vous allez continuer à donner, vendre ou jeter des objets pendant plusieurs mois / années avant d’atteindre vos objectifs.

3) Faire une pièce à la fois
Dans un même ordre d’idées, il est plus facile d’épurer votre maison en procédant une pièce à la fois, ou, encore mieux, un meuble à la fois. Si vous décidez de vider tous les garde-robes de la maison, l’espace habitable va rapidement crouler sous les vêtements et les décorations estivales.

4) Pensez aussi aux murs et aux planchers !
Souvent, lorsque l’on souhaite désencombrer son environnement, on s’attaque aux garde-robes et aux armoires. Pourtant, nos murs et nos planchers aussi sont victimes de notre surconsommation. Reconsidérez chacun de vos cadres, de vos tapis, de vos meubles. Est-ce que vous pouvez ranger tout ce qui se trouve dans votre table de chevet ailleurs? Oui? Remplacez-la par un tabouret pour y poser votre réveil matin. Ce classeur contient-il seulement des notes de cours que vous n’utiliserez jamais? Apportez-le dans un centre de dons. Est-ce que ce cadre vous plaît autant que le jour où vous l’avez acheté? Non? Donnez-le.

5) Posez-vous les bonnes questions
Un peu comme les vêtements, il existe une série de questions à se poser lorsque l’on tente d’épurer son environnement :

Est-ce que cet objet est beau? Est-il utile? Est-ce qu’il me rend heureuse? Si vous répondez non à ces trois questions, hop, dans une boîte.

Est-il cassé? Est-ce que cela est réparable? Si oui, on le répare. Sinon, on s’en débarrasse.

Est-ce que je l’utilise suffisamment? Est-ce que je pourrais l’emprunter? Si vous n’utilisez votre ensemble à fondue qu’une fois par année, considérez le vendre ou le donner. Vous pourrez toujours l’emprunter à quelqu’un au besoin.

Est-ce que je possède un autre objet qui fait la même chose? Personnellement, ma cuisine était remplie d’objets que je possédais en double ou en triple et qui avait exactement le même usage. Deux ensembles de salières poivrières, quatre ensembles de tasses à mesurer, un en métal, un en plastique avec quelques tasses manquantes, un en plastique complet, un en verre. Conservez uniquement un exemplaire de chaque objet.

Est-ce que je le garde juste au cas où j’en aurais besoin? Une vieille raquette de tennis alors que vous n’êtes pas sportive, une radio alors que vous n’écoutez que YouTube, un lecteur DVD quand vous êtes abonné à Netflix. Nos logis sont remplis d’objets que l’on conserve au cas où on en aurait besoin. On prend une grande respiration et on les met dans la boîte à donner.

Est-ce que c’est dangereux pour ma santé ou pour l’environnement? Les petits pots de crèmes remplis d’ingrédients chimiques. Les essuie-tout que l’on pourrait remplacer par des chiffons. Essayer de trouver des alternatives meilleures pour vous et pour l’environnement en choisissant des produits naturels et/ou réutilisables.

Est-ce que je me sens obligé de le garder? La plupart d’entre-nous conservons des objets parce culpabilité de s’en débarrasser. Le tableau peint par notre tante que l’on aime plus ou moins. Le vieux fauteuil légué par notre grand-mère. Le vase que l’on laisse dans l’armoire parce qu’on l’a reçu en cadeau. Je le répète, si un objet ne nous rend pas heureux, qu’on ne le trouve pas beau ou utile, c’est le temps de lui dire au revoir !

Est-ce que vous déménagez le 1er juillet? Allez-vous en profiter pour réduire vos possessions?


Favoris du moment : Livres québécois

vendredi 24 juin 2016


En cette journée de fête nationale, je suis un peu nostalgique de mon Québec natal.  Je n’ai jamais vraiment pris part aux festoiements de la Saint-Jean-Baptiste (les cocktails bleus, c’est non pour moi), mais j’aime d’amour la belle province.

Pour souligner mes origines, voici quelques livres québécois qui se sont hissés dans mes favoris du moment. Je me plais à découvrir ou redécouvrir chaque mois des auteurs québécois, puisqu’il faut le dire, la scène littéraire québécoise est talentueuse.

Sauver la planète une bouchée à la fois, Bernard Lavallée
Le nutritionniste urbain nous a offert en 2015 un ouvrage magnifique, complet, superbement documenté. Ce livre est une petite bible pour moi, particulièrement les sections «Manger moins de viande» et »Produire moins de déchets». Allier la nutrition non seulement à la santé humaine mais aussi à celle de la planète, ça me parle.

Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles, Steve Gagnon
Je m’intéresse grandement aux questions de genre et de rôles sociaux, mais mes lectures sont presque exclusivement d'auteures ou de perspectives féminines. Le court ouvrage de Steve Gagnon propose une réflexion sur la virilité, sur l’homme moderne, ses référents et ses modèles. Une lecture fort intéressante que je suggère maintenant aux hommes de ma vie (et aux femmes aussi.)

Les filles bleues de l’été, Mikella Nicol
Ce premier roman est un de mes coups de cœur du printemps. La douleur est racontée avec beauté et poésie, ce qui en fait un roman doux et dur à la fois. J’ai inscrit dans le carnet où je note les phrases qui me troublent et qui me touchent le quart du roman (ce qui est inhabituel, quand même). À lire les soirs de mélancolie.

Manuel de résistance féministe, Marie-Ève Surprenant
Ce livre a été en haut de ma liste de livres à lire pendant trop longtemps. L’hostilité face au féministe ayant été particulièrement présente dans les derniers mois, femmes et alliés trouveront dans cet ouvrage un récapitulatif des notions théoriques, historiques et politiques, ainsi qu’un argumentaire pour affronter tous les commentaires affirmant que le féminisme n’est plus nécessaire. De quoi raviver son militantisme.

L’homme rapaillé, Gaston Miron
Un recueil que j’ai tout juste entamé et que je savoure lentement. Je suis déjà en amour avec la poésie de Miron, un grand que je n’avais pas lu jusqu’à récemment (quelle honte).

Et vous, quels sont vos auteur(e)s québécois(e)s préféré(e)s?

Shopping : Conseils pour mieux acheter

mercredi 22 juin 2016


J’ai toujours aimé l’ambiance des centres d’achats. Les vitrines sont belles, les vêtements sont doux, le temps semble avoir un rythme différent.

En décidant d’adopter un mode de vie plus minimaliste, j’avais un peu peur de m’ennuyer de mes virées bihebdomadaires dans les boutiques. Finalement, avec quelques petits trucs, je peux encore aller faire du lèche-vitrines sans corrompre mon objectif de vie plus minimaliste.

AVANT

Faire le tour de sa garde-robe + Faire une liste
Minimalisme ou non, faire une liste de ces possessions et de ces besoins est la meilleure façon d’organiser son magasinage et de ne pas vivre au quotidien le syndrome du J’ai rien à mettre en regardant une garde-robe pleine à craquer. On fait notre liste honnêtement, avec nos réels besoins. (À vous de voir si les talons plateformes à paillettes sont vraiment un besoin par contre. De mon côté, je vote oui.)

Amener seulement de l’argent comptant
Mon petit truc préféré pendant un grand moment, que j’avais abandonné avec le temps. J’en parlais avec une amie récemment, et j’ai décidé de recommencer à utiliser ce truc pour mieux gérer mon budget.

PENDANT

Les questions à se poser :

Est-ce que je l’achèterais s’il n’était pas en solde? Trop souvent, on se laisse tenter par un petit morceau lolzi parce qu’il n’est pas cher. Par contre, ce petit chandail funné pour faire sourire nos copines à notre souper du vendredi ou cette si belle robe achetée pour un mariage, ils vont probablement traîner longtemps dans notre garde-robe. On apprend à dire non aux morceaux qu’on ne va porter qu’une seule fois et on choisit des alternatives qu’on peut rendre plus casual ou plus chic avec des accessoires.

Est-ce que je l’achète seulement pour profiter d’une promotion (2/1, Achetez-en deux obtenez en un gratuit, etc) Grand classique marketing qui nous fait consommer plus qu’on en a besoin. On se tient loin du deuxième chandail gratuit qu’on ne portera pas et qui va nous encombrer ou finir à la poubelle dans quelques années.

Est-ce que j’ai un item pareil/pas pareil à la maison. Probablement le plus important pour moi. Je ne sais pas combien de fois en magasinant avec l’amoureux ou des amies je me suis fait demander : T’as pas un morceau pareil? Et que j’ai essayé de justifier en disant que, non non, l’autre chandail noir avait une poche ou un col en V. Les articles presque pareils, on évite. On finit toujours par porter notre préféré des deux.

Est-ce que c’est pour cet item que je suis venue ici aujourd’hui? / Est-ce que c’est sur ma liste? La liste faite avant de partir doit servir. Si ce n’est pas sur la liste, c’est non. Ben oui.

Est-ce que je vais avoir besoin d’acheter quelque chose d’autre pour le porter? Vous êtes venue pour acheter une robe. Vous trouvez une robe. Mais il va falloir une ceinture pour la cintrer à la taille. Et de nouvelles chaussures pour aller avec. Et une veste parce que la clim au bureau est toujours à fond. Dans ce cas, vaut peut-être mieux trouver une alternative à la dite robe. Même si elle est belle.

Est-ce que l’entretien est difficile? C’est bien personnel, mais je dis non à tout ce qui doit être lavé à sec ou repassé minutieusement. Depuis toujours. Parce que j’aime me simplifier la vie. 

Est-ce que le fit est vraiment parfait? J’ai le défaut, quand je cherche quelque chose, de me contenter d’un item okey. Des morceaux ce n’est pas parfait, mais ça va faire en attendant. Résultat, je les porte une ou deux fois, je me sens meh quand je les porte, je les oublie au fond d’une commode et je rachète un nouveau morceau presque pareil, mais mieux coupé. Maintenant, je n’achète que si je trouve que le morceau me fait vraiment bien.

Est-ce que c’est confortable? Même si ces jeans-là vous font vraiment bien debout, si vous étouffez en vous assoyant, ce n’est pas un bon choix. Pareil pour les souliers parfaits dans lesquels vous ne pouvez pas marcher 5 minutes.

Est-ce que je peux me le permettre? La dernière question, mais non la moindre. Le morceau plus que parfait, s’il vous met dans un stress financier tout le mois, ne devrait jamais vous suivre à la maison. Jamais.

Le petit truc de plus : 
Attendre quelques jours avant de faire l’achat. Pas certaine que ce soit la bonne robe? Laissez-la en magasin et revenez plus tard. Ou notez la taille et  en commandez la  en ligne (mais attention de ne pas céder à la tentation de rajouter une petite paire de boucles d’oreilles à votre panier virtuel pour avoir la livraison gratuite.)

APRÈS

One in, one out Vous ramenez une paire de souliers de course à la maison? C’est le temps de dire adieu à l’ancienne.

Et vous, quels sont vos trucs pour mieux magasiner et ne pas remplir ces armoires si sagement épurées?

Le trou sur mon CV

jeudi 16 juin 2016


Dans les dernières semaines, j’ai pris le temps.
Pris le temps de vivre, de profiter pleinement.

On pourrait croire que c’est ce que je fais depuis six mois, prendre le temps. Après tout, en prenant un billet pour la France, pour me consacrer à des projets d’écritures qui traînaient depuis trop longtemps, pour voyager, je franchissais une limite que nombreux n’osent enjamber: je lâchais tout pour poursuivre un rêve.

Étrangement, plusieurs ont appelé ça de la chance. «Tu es vraiment chanceuse de partir comme ça.» : je l’ai entendue souvent. Est-ce vraiment de la chance de faire fi de l’inconnu, de mettre de côté sa stabilité, ses économies, ses doutes, pour traverser l’océan et écrire? Probablement pas. Ceux qui écrivent savent probablement que ça n’a rien d’une chance que d’être envahi par le besoin de mettre sur papier des personnages qui nous hantent pendant des mois.

L’atterrissage à Charles-de-Gaule aurait pu marquer le début d’un temps nouveau, le commencement du moment où j’accepte de prendre le temps. Or, en réalité, j’étais terrorisée. Pas de voyager. Mais d’écrire. D’avoir tout mis de côté pour poursuivre ce projet-là. Je sortais tout juste de l’université, j’envisageais une carrière dans le domaine ultra contingenté des communications et je flanquais un trou de 6 mois sur mon CV. Du haut de mes 25 ans, aussi bien dire un abîme professionnel. 

Janvier 2016 - Juin 2016 : Partie vivre.

Poétique, mais pas nécessairement vendeur. Avant mon départ, je ne m’inquiétais pas du tout de ce détail : je trouverais en temps et lieu une façon de magnifier cette absence, je maniais plutôt bien les mots.

Puis, bien que j’aie accepté depuis un moment que mon approche de la vie professionnelle ne soit pas aussi structurée que le voudrait la société, bien que je savais que je n’avance pas selon un plan structuré et rigide, mais plutôt au gré des opportunités, j’ai été tétanisée. J’étais partie pour écrire, j’avais tout mis de côté pour vivre ce moment, mais la culpabilité d’être assise, là, pour écrire, m’empêchait d’avancer.

Mon premier mois sur le territoire européen a aussi marqué la plus longue période sans écriture. Pas un seul mot n’a voulu se coucher sur papier. J’ai passé des heures à fixer mon écran, avec seulement une petite barre clignotante pour rompre la page blanche.



Puis, j’ai voyagé. Quand je quittais mon appartement je m’en voulais de ne pas écrire, quand je restais assise des jours devant mon ordinateur sans aligner plusieurs pages je m’en voulais de ne pas parcourir l’Europe.

Bref, j’avais mis à l’horaire beaucoup de temps, mais j’étais incapable de le prendre. Les premières semaines ont été difficiles. Les commentaires sur le fait que je sois chanceuse d’être en Europe ont fait place à des commentaires sur ce que je faisais.

L’amoureux étant avec moi en Europe, lui pour ses études, on me demandait incessamment : «Mais qu’est-ce que tu fais de tes journées pendant qu’il va à l’école.» Mes «J’écris.» laissaient souvent place à des regards vides. Après de longs silences, les «Tu t’ennuies pas?», «Mais tu ne travailles pas?», et pire les «Ah bon, t’es chanceuse d’avoir pu suivre ton chum.» tombaient. Je grognais mentalement, particulièrement à cette dernière phrase. Je ne suis pas l’amoureux, c’était mon projet au départ. Projet qui me faisait de plus en plus douter, d’ailleurs. Est-ce que je perdais mon temps?

Évidemment, les échanges n’ont pas tous été teintés de jugements, plusieurs étaient curieux. Or, cette curiosité me rendait nerveuse après quelques semaines. L’inévitable «T’es rendu où dans ton livre?» ou les «Combien de pages t’as d’écrit?» me rappelait que le syndrome de la page blanche n’avait succédé qu’à un flot de pages raturées.

J’imaginais déjà les discussions à mon retour. «Pis, qu’est-ce que t’as écrit là-bas?». «Rien.» J’anticipais les visages malaisés. Mon angoisse de performance était là comme un éléphant dans la pièce.

Le bruit des autres était devenu plus fort que ma propre voix. Les commentaires de presqu’inconnus me faisaient douter, me mettaient une pression énorme. Je ne mesurais plus le succès selon ma propre définition de la chose, mais selon le modèle qu’on nous impose dès le plus jeune âge. J’en venais presque à regretter la maison posée sur un grand carré d’herbe très verte que je n’avais pourtant jamais voulue.

Puis un jour, suite à une discussion avec l’amoureux, j’ai compris. J’ai compris que j’étais partie pour écouter la petite voix en dedans, et que soudainement, je la faisais taire pour écouter celles des autres. J’abordais le processus créatif dans une dynamique de performance, alors que les deux sont incompatibles. Partir quelques mois à l’étranger ne voulait pas dire devoir boucler mon roman en 20 semaines. J’étais partie pour prendre le temps, pas pour boucler un mandat. J’interrompais les jours de pages blanches par une escapade en Allemagne? Et puis après? J’écrivais, puis je n’écrivais plus pour voyager plus? Et alors? J’étais là pour profiter. J’avais tout quitté pour vivre sans horaire, pour pouvoir écrire autant que je le voulais, mais pas nécessairement pour écrire sans arrêt.

Le projet du blogue est né dans ce moment-là, pour apaiser mon besoin de rendement qui persistait malgré ma prise de conscience. En entrecoupant des dizaines de pages raturées par quelques articles mis en ligne, je ressentais beaucoup moins l’échec, et ne sentant plus aussi pesant le besoin d’écrire, l’inspiration revenait.

Bref, au cours de derniers mois, j’ai lu énormément, j’ai écrit passablement et j’ai mis sur pied un blogue. Mais ce n’est que tout récemment que j’ai réellement pris le temps, sans aucune culpabilité. C’est un processus qui s’est effectué lentement, un cheminement qui s’est imposé au fil des discussions avec l’amoureux et au cours de longues heures à réfléchir sur la vie, sur la mienne.




Dans les dernières semaines, j’ai pris le temps.

Pris le temps de vivre, de profiter pleinement, mais surtout, j’ai pris le temps sans culpabiliser de le prendre pour ça plutôt que de pour ajouter une ligne à mon CV ou pour mettre des plus devant les chiffres dans mon compte de banque.

Les dernières semaines, j’ai voyagé. J’ai roulé à travers la Corse, j’ai dormi dans mon char en Norvège et je n’ai absolument rien fait en Islande, et j’ai trouvé ça ben correct. J’ai fait ça sans me sentir mal de mettre à off le blogue, sans m’en vouloir de laisser flotter mes histoires dans les airs plutôt que de les mettre en cage entre les lignes de mes cahiers.

Mieux encore, j’ai voyagé sans me sentir obligée d’aller voir tel ou telle affaire parce que c’est ça que tout le monde va voir. Je me suis levée chaque matin sans savoir exactement ce que je j’allais faire, et j’ai juste suivi mes envies pour traverser la journée. J’ai étendu l’état d’esprit que je voulais adopter en quittant le pays à ma vraie vie, ma vie d’ici.

Toute cette longue histoire-là, c’est un peu pour en venir à ça : C’est correct de prendre du temps pour soi. Pis je ne parle pas nécessairement de partir plusieurs mois à l’autre bout du monde, je parle aussi de la petite heure qu’on prend pour ne rien faire le soir ou de la journée où on call malade parce qu’on a vraiment besoin de se recharger les batteries. Se prioriser, c’est pas juste dans le but d’accomplir des grandes affaires qui brillent.

J’étais partie pour écrire, j’ai écrit. Je ne suis peut-être pas revenue avec un roman, mais le trou sur mon CV valait la peine, parce qu’il m’a permis de remplir un creux que j’avais en dedans.