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Désencombrer : 5 conseils pour épurer son environnement

mardi 28 juin 2016


Ce week-end, comme bien des gens, je déménage. Je m’exile de mon Montréal préféré pour aller m’installer avec l’amoureux à Toronto. Pour être cohérents avec notre idéologie minimaliste - et aussi parce que le prix des loyers et excessivement élevés à Toronto - nous allons nous installer dans un petit 3 et demi. Passer d’un grand 4 et demi à un petit 3 et demi signifie nécessairement de diminuer nos possessions, ce que j’attendais avec impatience.

Comme mes boîtes ont été faites il y a plusieurs mois, bien avant notre départ pour l’Europe, c’est une fois toutes nos affaires déménagées que nous amorcerons le processus de désencombrement. Si vos boîtes ne sont pas encore faites, ou si vous ne déménagez pas cette année, et que vous voulez épurer un peu votre environnement, voici quelques conseils à suivre pour vous faciliter la tâche.

1) Préparez-vous
Avant de débuter, assurez-vous d’avoir sous la main des boîtes ou des sacs identifiés selon les catégories suivantes : Donner, Recycler, Jeter, Relocaliser
Aussi, faites vos recherches avant de commencer votre tri. Où pouvez-vous apporter les vêtements maintenant trop petits? Où pouvez-vous donner les meubles que vous ne voulez plus?

2) Ne pas vouloir tout faire en une journée
Désencombrer son appartement ou sa maison est un processus long qui suscite beaucoup de questionnements. S’il est possible de réduire considérablement la quantité d’effets dans notre garde-robe en un week-end, vouloir épurer toute notre demeure en 24 heures est un projet de beaucoup trop grande envergure. Vous risquez de refermer les portes de vos armoires sur un bazar et ne plus jamais vouloir y toucher. Le minimalisme est un processus continu. Oui, un premier grand désencombrement est nécessaire, mais vous allez continuer à donner, vendre ou jeter des objets pendant plusieurs mois / années avant d’atteindre vos objectifs.

3) Faire une pièce à la fois
Dans un même ordre d’idées, il est plus facile d’épurer votre maison en procédant une pièce à la fois, ou, encore mieux, un meuble à la fois. Si vous décidez de vider tous les garde-robes de la maison, l’espace habitable va rapidement crouler sous les vêtements et les décorations estivales.

4) Pensez aussi aux murs et aux planchers !
Souvent, lorsque l’on souhaite désencombrer son environnement, on s’attaque aux garde-robes et aux armoires. Pourtant, nos murs et nos planchers aussi sont victimes de notre surconsommation. Reconsidérez chacun de vos cadres, de vos tapis, de vos meubles. Est-ce que vous pouvez ranger tout ce qui se trouve dans votre table de chevet ailleurs? Oui? Remplacez-la par un tabouret pour y poser votre réveil matin. Ce classeur contient-il seulement des notes de cours que vous n’utiliserez jamais? Apportez-le dans un centre de dons. Est-ce que ce cadre vous plaît autant que le jour où vous l’avez acheté? Non? Donnez-le.

5) Posez-vous les bonnes questions
Un peu comme les vêtements, il existe une série de questions à se poser lorsque l’on tente d’épurer son environnement :

Est-ce que cet objet est beau? Est-il utile? Est-ce qu’il me rend heureuse? Si vous répondez non à ces trois questions, hop, dans une boîte.

Est-il cassé? Est-ce que cela est réparable? Si oui, on le répare. Sinon, on s’en débarrasse.

Est-ce que je l’utilise suffisamment? Est-ce que je pourrais l’emprunter? Si vous n’utilisez votre ensemble à fondue qu’une fois par année, considérez le vendre ou le donner. Vous pourrez toujours l’emprunter à quelqu’un au besoin.

Est-ce que je possède un autre objet qui fait la même chose? Personnellement, ma cuisine était remplie d’objets que je possédais en double ou en triple et qui avait exactement le même usage. Deux ensembles de salières poivrières, quatre ensembles de tasses à mesurer, un en métal, un en plastique avec quelques tasses manquantes, un en plastique complet, un en verre. Conservez uniquement un exemplaire de chaque objet.

Est-ce que je le garde juste au cas où j’en aurais besoin? Une vieille raquette de tennis alors que vous n’êtes pas sportive, une radio alors que vous n’écoutez que YouTube, un lecteur DVD quand vous êtes abonné à Netflix. Nos logis sont remplis d’objets que l’on conserve au cas où on en aurait besoin. On prend une grande respiration et on les met dans la boîte à donner.

Est-ce que c’est dangereux pour ma santé ou pour l’environnement? Les petits pots de crèmes remplis d’ingrédients chimiques. Les essuie-tout que l’on pourrait remplacer par des chiffons. Essayer de trouver des alternatives meilleures pour vous et pour l’environnement en choisissant des produits naturels et/ou réutilisables.

Est-ce que je me sens obligé de le garder? La plupart d’entre-nous conservons des objets parce culpabilité de s’en débarrasser. Le tableau peint par notre tante que l’on aime plus ou moins. Le vieux fauteuil légué par notre grand-mère. Le vase que l’on laisse dans l’armoire parce qu’on l’a reçu en cadeau. Je le répète, si un objet ne nous rend pas heureux, qu’on ne le trouve pas beau ou utile, c’est le temps de lui dire au revoir !

Est-ce que vous déménagez le 1er juillet? Allez-vous en profiter pour réduire vos possessions?


Favoris du moment : Livres québécois

vendredi 24 juin 2016


En cette journée de fête nationale, je suis un peu nostalgique de mon Québec natal.  Je n’ai jamais vraiment pris part aux festoiements de la Saint-Jean-Baptiste (les cocktails bleus, c’est non pour moi), mais j’aime d’amour la belle province.

Pour souligner mes origines, voici quelques livres québécois qui se sont hissés dans mes favoris du moment. Je me plais à découvrir ou redécouvrir chaque mois des auteurs québécois, puisqu’il faut le dire, la scène littéraire québécoise est talentueuse.

Sauver la planète une bouchée à la fois, Bernard Lavallée
Le nutritionniste urbain nous a offert en 2015 un ouvrage magnifique, complet, superbement documenté. Ce livre est une petite bible pour moi, particulièrement les sections «Manger moins de viande» et »Produire moins de déchets». Allier la nutrition non seulement à la santé humaine mais aussi à celle de la planète, ça me parle.

Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles, Steve Gagnon
Je m’intéresse grandement aux questions de genre et de rôles sociaux, mais mes lectures sont presque exclusivement d'auteures ou de perspectives féminines. Le court ouvrage de Steve Gagnon propose une réflexion sur la virilité, sur l’homme moderne, ses référents et ses modèles. Une lecture fort intéressante que je suggère maintenant aux hommes de ma vie (et aux femmes aussi.)

Les filles bleues de l’été, Mikella Nicol
Ce premier roman est un de mes coups de cœur du printemps. La douleur est racontée avec beauté et poésie, ce qui en fait un roman doux et dur à la fois. J’ai inscrit dans le carnet où je note les phrases qui me troublent et qui me touchent le quart du roman (ce qui est inhabituel, quand même). À lire les soirs de mélancolie.

Manuel de résistance féministe, Marie-Ève Surprenant
Ce livre a été en haut de ma liste de livres à lire pendant trop longtemps. L’hostilité face au féministe ayant été particulièrement présente dans les derniers mois, femmes et alliés trouveront dans cet ouvrage un récapitulatif des notions théoriques, historiques et politiques, ainsi qu’un argumentaire pour affronter tous les commentaires affirmant que le féminisme n’est plus nécessaire. De quoi raviver son militantisme.

L’homme rapaillé, Gaston Miron
Un recueil que j’ai tout juste entamé et que je savoure lentement. Je suis déjà en amour avec la poésie de Miron, un grand que je n’avais pas lu jusqu’à récemment (quelle honte).

Et vous, quels sont vos auteur(e)s québécois(e)s préféré(e)s?

Shopping : Conseils pour mieux acheter

mercredi 22 juin 2016


J’ai toujours aimé l’ambiance des centres d’achats. Les vitrines sont belles, les vêtements sont doux, le temps semble avoir un rythme différent.

En décidant d’adopter un mode de vie plus minimaliste, j’avais un peu peur de m’ennuyer de mes virées bihebdomadaires dans les boutiques. Finalement, avec quelques petits trucs, je peux encore aller faire du lèche-vitrines sans corrompre mon objectif de vie plus minimaliste.

AVANT

Faire le tour de sa garde-robe + Faire une liste
Minimalisme ou non, faire une liste de ces possessions et de ces besoins est la meilleure façon d’organiser son magasinage et de ne pas vivre au quotidien le syndrome du J’ai rien à mettre en regardant une garde-robe pleine à craquer. On fait notre liste honnêtement, avec nos réels besoins. (À vous de voir si les talons plateformes à paillettes sont vraiment un besoin par contre. De mon côté, je vote oui.)

Amener seulement de l’argent comptant
Mon petit truc préféré pendant un grand moment, que j’avais abandonné avec le temps. J’en parlais avec une amie récemment, et j’ai décidé de recommencer à utiliser ce truc pour mieux gérer mon budget.

PENDANT

Les questions à se poser :

Est-ce que je l’achèterais s’il n’était pas en solde? Trop souvent, on se laisse tenter par un petit morceau lolzi parce qu’il n’est pas cher. Par contre, ce petit chandail funné pour faire sourire nos copines à notre souper du vendredi ou cette si belle robe achetée pour un mariage, ils vont probablement traîner longtemps dans notre garde-robe. On apprend à dire non aux morceaux qu’on ne va porter qu’une seule fois et on choisit des alternatives qu’on peut rendre plus casual ou plus chic avec des accessoires.

Est-ce que je l’achète seulement pour profiter d’une promotion (2/1, Achetez-en deux obtenez en un gratuit, etc) Grand classique marketing qui nous fait consommer plus qu’on en a besoin. On se tient loin du deuxième chandail gratuit qu’on ne portera pas et qui va nous encombrer ou finir à la poubelle dans quelques années.

Est-ce que j’ai un item pareil/pas pareil à la maison. Probablement le plus important pour moi. Je ne sais pas combien de fois en magasinant avec l’amoureux ou des amies je me suis fait demander : T’as pas un morceau pareil? Et que j’ai essayé de justifier en disant que, non non, l’autre chandail noir avait une poche ou un col en V. Les articles presque pareils, on évite. On finit toujours par porter notre préféré des deux.

Est-ce que c’est pour cet item que je suis venue ici aujourd’hui? / Est-ce que c’est sur ma liste? La liste faite avant de partir doit servir. Si ce n’est pas sur la liste, c’est non. Ben oui.

Est-ce que je vais avoir besoin d’acheter quelque chose d’autre pour le porter? Vous êtes venue pour acheter une robe. Vous trouvez une robe. Mais il va falloir une ceinture pour la cintrer à la taille. Et de nouvelles chaussures pour aller avec. Et une veste parce que la clim au bureau est toujours à fond. Dans ce cas, vaut peut-être mieux trouver une alternative à la dite robe. Même si elle est belle.

Est-ce que l’entretien est difficile? C’est bien personnel, mais je dis non à tout ce qui doit être lavé à sec ou repassé minutieusement. Depuis toujours. Parce que j’aime me simplifier la vie. 

Est-ce que le fit est vraiment parfait? J’ai le défaut, quand je cherche quelque chose, de me contenter d’un item okey. Des morceaux ce n’est pas parfait, mais ça va faire en attendant. Résultat, je les porte une ou deux fois, je me sens meh quand je les porte, je les oublie au fond d’une commode et je rachète un nouveau morceau presque pareil, mais mieux coupé. Maintenant, je n’achète que si je trouve que le morceau me fait vraiment bien.

Est-ce que c’est confortable? Même si ces jeans-là vous font vraiment bien debout, si vous étouffez en vous assoyant, ce n’est pas un bon choix. Pareil pour les souliers parfaits dans lesquels vous ne pouvez pas marcher 5 minutes.

Est-ce que je peux me le permettre? La dernière question, mais non la moindre. Le morceau plus que parfait, s’il vous met dans un stress financier tout le mois, ne devrait jamais vous suivre à la maison. Jamais.

Le petit truc de plus : 
Attendre quelques jours avant de faire l’achat. Pas certaine que ce soit la bonne robe? Laissez-la en magasin et revenez plus tard. Ou notez la taille et  en commandez la  en ligne (mais attention de ne pas céder à la tentation de rajouter une petite paire de boucles d’oreilles à votre panier virtuel pour avoir la livraison gratuite.)

APRÈS

One in, one out Vous ramenez une paire de souliers de course à la maison? C’est le temps de dire adieu à l’ancienne.

Et vous, quels sont vos trucs pour mieux magasiner et ne pas remplir ces armoires si sagement épurées?

Le trou sur mon CV

jeudi 16 juin 2016


Dans les dernières semaines, j’ai pris le temps.
Pris le temps de vivre, de profiter pleinement.

On pourrait croire que c’est ce que je fais depuis six mois, prendre le temps. Après tout, en prenant un billet pour la France, pour me consacrer à des projets d’écritures qui traînaient depuis trop longtemps, pour voyager, je franchissais une limite que nombreux n’osent enjamber: je lâchais tout pour poursuivre un rêve.

Étrangement, plusieurs ont appelé ça de la chance. «Tu es vraiment chanceuse de partir comme ça.» : je l’ai entendue souvent. Est-ce vraiment de la chance de faire fi de l’inconnu, de mettre de côté sa stabilité, ses économies, ses doutes, pour traverser l’océan et écrire? Probablement pas. Ceux qui écrivent savent probablement que ça n’a rien d’une chance que d’être envahi par le besoin de mettre sur papier des personnages qui nous hantent pendant des mois.

L’atterrissage à Charles-de-Gaule aurait pu marquer le début d’un temps nouveau, le commencement du moment où j’accepte de prendre le temps. Or, en réalité, j’étais terrorisée. Pas de voyager. Mais d’écrire. D’avoir tout mis de côté pour poursuivre ce projet-là. Je sortais tout juste de l’université, j’envisageais une carrière dans le domaine ultra contingenté des communications et je flanquais un trou de 6 mois sur mon CV. Du haut de mes 25 ans, aussi bien dire un abîme professionnel. 

Janvier 2016 - Juin 2016 : Partie vivre.

Poétique, mais pas nécessairement vendeur. Avant mon départ, je ne m’inquiétais pas du tout de ce détail : je trouverais en temps et lieu une façon de magnifier cette absence, je maniais plutôt bien les mots.

Puis, bien que j’aie accepté depuis un moment que mon approche de la vie professionnelle ne soit pas aussi structurée que le voudrait la société, bien que je savais que je n’avance pas selon un plan structuré et rigide, mais plutôt au gré des opportunités, j’ai été tétanisée. J’étais partie pour écrire, j’avais tout mis de côté pour vivre ce moment, mais la culpabilité d’être assise, là, pour écrire, m’empêchait d’avancer.

Mon premier mois sur le territoire européen a aussi marqué la plus longue période sans écriture. Pas un seul mot n’a voulu se coucher sur papier. J’ai passé des heures à fixer mon écran, avec seulement une petite barre clignotante pour rompre la page blanche.



Puis, j’ai voyagé. Quand je quittais mon appartement je m’en voulais de ne pas écrire, quand je restais assise des jours devant mon ordinateur sans aligner plusieurs pages je m’en voulais de ne pas parcourir l’Europe.

Bref, j’avais mis à l’horaire beaucoup de temps, mais j’étais incapable de le prendre. Les premières semaines ont été difficiles. Les commentaires sur le fait que je sois chanceuse d’être en Europe ont fait place à des commentaires sur ce que je faisais.

L’amoureux étant avec moi en Europe, lui pour ses études, on me demandait incessamment : «Mais qu’est-ce que tu fais de tes journées pendant qu’il va à l’école.» Mes «J’écris.» laissaient souvent place à des regards vides. Après de longs silences, les «Tu t’ennuies pas?», «Mais tu ne travailles pas?», et pire les «Ah bon, t’es chanceuse d’avoir pu suivre ton chum.» tombaient. Je grognais mentalement, particulièrement à cette dernière phrase. Je ne suis pas l’amoureux, c’était mon projet au départ. Projet qui me faisait de plus en plus douter, d’ailleurs. Est-ce que je perdais mon temps?

Évidemment, les échanges n’ont pas tous été teintés de jugements, plusieurs étaient curieux. Or, cette curiosité me rendait nerveuse après quelques semaines. L’inévitable «T’es rendu où dans ton livre?» ou les «Combien de pages t’as d’écrit?» me rappelait que le syndrome de la page blanche n’avait succédé qu’à un flot de pages raturées.

J’imaginais déjà les discussions à mon retour. «Pis, qu’est-ce que t’as écrit là-bas?». «Rien.» J’anticipais les visages malaisés. Mon angoisse de performance était là comme un éléphant dans la pièce.

Le bruit des autres était devenu plus fort que ma propre voix. Les commentaires de presqu’inconnus me faisaient douter, me mettaient une pression énorme. Je ne mesurais plus le succès selon ma propre définition de la chose, mais selon le modèle qu’on nous impose dès le plus jeune âge. J’en venais presque à regretter la maison posée sur un grand carré d’herbe très verte que je n’avais pourtant jamais voulue.

Puis un jour, suite à une discussion avec l’amoureux, j’ai compris. J’ai compris que j’étais partie pour écouter la petite voix en dedans, et que soudainement, je la faisais taire pour écouter celles des autres. J’abordais le processus créatif dans une dynamique de performance, alors que les deux sont incompatibles. Partir quelques mois à l’étranger ne voulait pas dire devoir boucler mon roman en 20 semaines. J’étais partie pour prendre le temps, pas pour boucler un mandat. J’interrompais les jours de pages blanches par une escapade en Allemagne? Et puis après? J’écrivais, puis je n’écrivais plus pour voyager plus? Et alors? J’étais là pour profiter. J’avais tout quitté pour vivre sans horaire, pour pouvoir écrire autant que je le voulais, mais pas nécessairement pour écrire sans arrêt.

Le projet du blogue est né dans ce moment-là, pour apaiser mon besoin de rendement qui persistait malgré ma prise de conscience. En entrecoupant des dizaines de pages raturées par quelques articles mis en ligne, je ressentais beaucoup moins l’échec, et ne sentant plus aussi pesant le besoin d’écrire, l’inspiration revenait.

Bref, au cours de derniers mois, j’ai lu énormément, j’ai écrit passablement et j’ai mis sur pied un blogue. Mais ce n’est que tout récemment que j’ai réellement pris le temps, sans aucune culpabilité. C’est un processus qui s’est effectué lentement, un cheminement qui s’est imposé au fil des discussions avec l’amoureux et au cours de longues heures à réfléchir sur la vie, sur la mienne.




Dans les dernières semaines, j’ai pris le temps.

Pris le temps de vivre, de profiter pleinement, mais surtout, j’ai pris le temps sans culpabiliser de le prendre pour ça plutôt que de pour ajouter une ligne à mon CV ou pour mettre des plus devant les chiffres dans mon compte de banque.

Les dernières semaines, j’ai voyagé. J’ai roulé à travers la Corse, j’ai dormi dans mon char en Norvège et je n’ai absolument rien fait en Islande, et j’ai trouvé ça ben correct. J’ai fait ça sans me sentir mal de mettre à off le blogue, sans m’en vouloir de laisser flotter mes histoires dans les airs plutôt que de les mettre en cage entre les lignes de mes cahiers.

Mieux encore, j’ai voyagé sans me sentir obligée d’aller voir tel ou telle affaire parce que c’est ça que tout le monde va voir. Je me suis levée chaque matin sans savoir exactement ce que je j’allais faire, et j’ai juste suivi mes envies pour traverser la journée. J’ai étendu l’état d’esprit que je voulais adopter en quittant le pays à ma vraie vie, ma vie d’ici.

Toute cette longue histoire-là, c’est un peu pour en venir à ça : C’est correct de prendre du temps pour soi. Pis je ne parle pas nécessairement de partir plusieurs mois à l’autre bout du monde, je parle aussi de la petite heure qu’on prend pour ne rien faire le soir ou de la journée où on call malade parce qu’on a vraiment besoin de se recharger les batteries. Se prioriser, c’est pas juste dans le but d’accomplir des grandes affaires qui brillent.

J’étais partie pour écrire, j’ai écrit. Je ne suis peut-être pas revenue avec un roman, mais le trou sur mon CV valait la peine, parce qu’il m’a permis de remplir un creux que j’avais en dedans.













Manger végétarien au Maroc

jeudi 12 mai 2016





Avant de partir pour le Maroc, j’avais quelques appréhensions culinaires malgré mes petits trucs pour voyager végé. Est-ce que j’allais pouvoir trouver des alternatives végétariennes facilement? Une visite préliminaire des internets m’a laissée un peu perplexe : j’apprenais que le concept du végétarisme était un peu flou au Maroc. Que nenni ! Pendant mon séjour, je n’ai eu aucune difficulté à trouver des options végétariennes. Notons toutefois que notre itinéraire nous a amenés dans des villes touristiques, ce qui peut expliquer la facilité à trouver des alternatives végétariennes.
Tout d’abord, Marrakech. La première soirée, nous faisons un arrêt dans l’un des nombreux kiosques de la place Jemaa el-Fna pour faire le plein de dattes charnues, de fruits séchés et de noix.



Nos petits déjeuners, toujours offerts par les auberges de jeunesse où nous logions, étaient composés de différents pains et confitures, parfois d’œufs et de Msemmens,  l’équivalent marocain de notre crêpe.  À Essaouira, où nous avons terminé notre séjour, nous avons préféré les crêpes garnis de sucre et de cannelle vendues dans les rues.

Contrairement à nos habitudes, nous n’avons pas une fois cuisiné pendant notre voyage. Premièrement parce que les différents endroits où nous avons séjourné n’avaient pas de cuisine, deuxièmement parce que les repas au restaurant coûtaient très peu cher. Le premier endroit où nous nous sommes arrêtés à Marrakech, un petit boui-boui de 8 places suggéré par un local rencontré dans la journée, fût l’un des seuls établissements qui n’offraient pas de plats végétariens. En fait, il n’y avait pas de menu, c’était tagine pour tout le monde. Après avoir compris que je ne mangeais pas de viande, le propriétaire m’a tout de suite proposé de me faire une salade marocaine (tomate, concombre, poivron, oignon). Vu la chaleur de cet après-midi-là, qui dépassait les trente degrés, j’étais bien contente d’avoir devant moi une salade fraîche plutôt qu’un tagine fumant.

Par la suite, durant les quelques jours passés à Marrakech, la plupart des établissements avec menu offraient un tagine végétarien, et le vendredi, un couscous végétarien. Le tagine est récurrent, qu’il soit avec ou sans viande. J’étais heureuse de pouvoir goûter différentes salades, délicieuses, dont une à l’aubergine que je tenterai probablement de recréer dans les prochaines semaines.

Il faut dire que la médina est très touristique, et par conséquent les restaurants le sont aussi. Nous avons même cédé pour de la pizza un soir, alors que nous avions besoin d’une petite pause de tagine. Il n’y avait pas d’options végétariennes, mais on m’a très facilement accommodé en remplaçant la viande pour un supplément de légumes.



Nous quittions ensuite pour une expédition dans le désert de Merzouga, d’une durée de trois jours. Nous avons choisi l’option facile : un tour organisé par notre auberge de jeunesse, pour 80 euros (800 dirhams). Le montant incluait le transport (par autobus et en dromadaire), l’hébergement, ainsi que les petits déjeuners et les repas du soir.

Si mes fruits séchés sont restés bien cachés dans mon sac les premiers jours du voyage puisque nous mangions toujours copieusement dans les restaurants, ils furent fortement utiles dans les (très) longs trajets d’autobus prévus lors de cette escapade dans le Sahara. La première journée, nous avons pris le petit-déjeuner avant de quitter Marrakech, vers 6h30, et notre repas du midi n’a suivi qu’à 15 heures. Soyons honnêtes, sans mes dattes, j’aurais été affamée (et probablement de la pire humeur possible, puisque je ne tolère pas avoir faim).

Un peu comme à Marrakech, beaucoup de tagines. C’était le menu chaque soir, donc le midi nous tentions de varier un peu. Les restaurants, bien que probablement visiter par une majorité de touristes, n’avaient pas autant d’options végétariennes. Alors que les gens avec qui je voyageais se gavaient de burgers, mes choix se limitaient à tagine et couscous.


Un soir, alors que je demandais au serveur si les tagines étaient cuits avec de la viande, il m’a demandé si je préférais avoir une omelette avec riz et salade marocaine. Alléluia. J’ai d’ailleurs demandé la même chose le lendemain midi, puisque l’omelette garnie de fines herbes que l’on m’a servie ce midi-là était délectable.  Les gens ont toujours semblé avoir un réel intérêt à accommoder mon alimentation, me proposant souvent des alternatives. On a ajouté à quelques reprises des œufs sur mon tagine aux légumes à ma demande, même s’il s’agit probablement d’une hérésie culinairement parlant.


Les repas incluent dans le tour étaient aussi végétariens, j’en avais fait la demande avant notre départ, mais je crois que vu l’abondance de gens qui font ce trajet, les hôtels visités ainsi que la compagnie qui nous amène dans le désert en ont l’habitude.

À Essaouira, portrait semblable à celui de Marrakech : beaucoup de tagines, pas mal de touristes, quelques restaurants croisés avec des menus végétariens. J’ai mangé deux fois de la pastilla végétarienne, une pâte feuilletée remplie de légumes qui en vaut vraiment la peine. Une recette à refaire absolument. Aussi au menu, potage de légumes (sans bouillon carné), et des falafels, tout d’abord dans le plus charmant des restaurants où le propriétaire m’a expliqué chacun des plats du menu en m’expliquant s’ils avaient ou non été fait avec un bouillon de viande, et quels plats pouvaient être transformés en plats végétariens en substituant un élément ou un autre. À sa suggestion, je goûte aussi la harira, une soupe de légumes et de pois chiches épicée.



Pendant la dizaine de jours que nous avons passés au Maroc, je n’ai jamais eu de la difficulté à trouver des alternatives végétariennes. Même lorsque celles-ci n’étaient pas proposées à la base, les restaurateurs m’accommodaient en me préparant un plat. Par exemple, à la gare de Marrakech, nous sommes arrêtés dans un petit casse-croûte pour prendre quelque chose à manger pour le trajet. Le restaurant offrait différents sandwichs à la viande et des burgers. Je me serais probablement contenté de collations (le trajet ne dure que deux heures) mais en discutant avec un des serveurs, celui-ci m’a proposé de me faire un sandwich au fromage et aux légumes en apprenant que je ne mangeais pas de viande.

Si vous prévoyiez séjourner au Maroc, vous n’avez donc pas à vous inquiéter pour votre alimentation. Bien que les plats soient parfois répétitifs, il sera facile pour vous d’avoir une diète végétarienne, du moins dans les grands centres. Par ailleurs, ne passez pas à côté des jus de fruits frais, délicieux (et très peu chers). Attention toutefois puisque certains sont coupés avec de l’eau, ce qui peut résulter en de petits malaises gastriques.

Si le menu ne propose pas d’options végétariennes, n’hésitez pas à demander. Rares sont les restaurateurs qui ne vous accommoderont pas d’une salade marocaine et d’une sandwich au fromage, d’œufs au plat ou de riz aux légumes.  

Avez-vous visité le Maroc? Quel fut votre plat préféré?



Bucket list de l'été

lundi 9 mai 2016


Je fais des listes pour tout dans la vie. Littéralement tout. Avec l’été qui arrive, c’était immanquable, je me devais d’en faire un avec mes objectifs de l’été. Je vous conseille de prendre le temps de mettre sur papier vos objectifs/projets à court et moyen terme quelques fois par année, c’est une vraiment bonne manière de faire le point. En jetant un coup d’œil à votre liste à chaque début de semaine, vous aurez un bon rappel de vos buts et vous amenuisez les chances de voir l’automne se pointer le bout du nez sans avoir avancé.


Je vous partage ma liste au cas où elle vous inspirerait un ou deux objectifs pendant la période chaude.

1) Faire un roadtrip

Ben oui. Le classique des classiques des bucketlists d’été. Seule, en amoureux ou entre amies, partir sur la route pendant quelques jours pour découvrir de nouveaux endroits est toujours au sommet de ma liste de priorités.


2) (Re)Découvrir sa ville
Je déménage cet été donc j’aurai toutes les raisons d’expérimenter le plus de terrasses et de restaurants de brunch possible pour trouver mes nouveaux hotspots. Pas de déménagement en vue pour vous? Allez jouer aux touristes dans votre propre ville. Je compte d’ailleurs le faire pendant mes allers-retours Toronto-Montréal.

3) Lire un livre par semaine
Dans la vie en général je lis beaucoup : ce n’est pas rare que je lise plusieurs livres par semaine. Par contre cet été avec les voyages, la recherche d’appartements, le déménagement, l’adaptation à une nouvelle ville et la recherche d’emploi, je me doute bien que ma pile de livres à lire ne bougera pas autant que d’habitude. Parce que la lecture fait partie de mes petits bonheurs, je veux faire une priorité de prendre le temps de lire un livre par semaine. Pour y arriver, je compte traîner un livre avec moi partout où je vais, afin de grappiller chaque minute possible pour lire.

4) Suivre un cours EDX
J’ai fini l’université cette année, mais ma soif d’apprendre est encore particulièrement présente. Cet été je souhaite donc prendre part à au moins un cours EDX. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit de cours en ligne dispensés par de grandes universités, et ce, gratuitement. Pour l’été, j’ai dans l’œil les cours suivant : PSYCHOLOGY OF POLITICAL ACTIVISM: Women changing the world; INTRODUCTION TO HEALTH AND WELLNESS; CHINESE LANGUAGE: learn basic mandarin.

5) Pratiquer un sport à l’extérieur
Bouger = se sentir bien. Dehors au soleil = se sentir bien. Bouger dehors quand il fait soleil = se sentir très très bien. Mon objectif pour l’été est de faire le plus souvent mes petits entraînements au soleil, et de faire le plus souvent mon yoga dehors. #allthevitaminD

6) Arrêter de vouloir un bikini body
Parce que, sérieusement, on le dira jamais assez, un bikini body c’est basically un body avec un bikini dessus. Je deal pas pire avec mon corps donc je suis très down de porter mon bootykini June Swimwear peu importe les regards, mais comme bien des gens je me compare encore pis je me tape sur les doigts à l’occasion en me disant que j’aurais peut-être dû considérer ça, des cours de Zumba pendant l’hiver.
Bref, en grosses majuscules sur ma bucket list (pis vous devriez le mettre sur la votre aussi) : Arrêter de give a fuck sur mon apparence pis arrêter de comparer mon petit ventre avec les abdos des filles dans mon cours de SUP yoga. Rentrer dans du 2 ça rend pas plus heureux, promesse d’ex-fille maigre.

7) Se lever plus tôt
Je suis une personne matinale, même si souvent j’essaie de me prouver le contraire en me couchant à pas d’heures. Bref, cet été je compte bien reprendre mes bonnes habitudes de lever ultra tôt. Le moment où je me levais avant mon réveille-matin mis pour 7 heures me manque, donc c’est un peu mon défi du mois que de retrouver des heures de sommeil qui me conviennent mieux. (Je suis plus productive le matin, pis plus de bonne humeur quand je me lève super tôt, donc c’est win-win.)

8) Sortir de sa zone de confort
Ce point-là n’est pas vraiment réservé à l’été, mais c’est une période adéquate pour faire le saut et oser sortir de sa zone de confort. C’est ben personnel, mais je me sens toujours un peu plus wild l’été donc pour moi c’est le meilleur moment pour faire un truc qui m’apeure. Ça peut être aussi ridicule que de se faire percer le nez quand tout le monde nous dit que ça serait pas super beau sur nous, ou quelque chose d’un peu plus difficile comme d’oser publier ses textes sur les internets. Bref, cette année, je me donne comme objectif de sortir de ma zone de confort chaque semaine, que ce soit pour des mini-trucs ou des actions plus importantes.

9) Manger cru plus souvent

Il y a tout plein de bienfaits à manger cru. Là je ne parle pas de tartares, mais de fruits et légumes. Avec notre climat, par contre, c’est un peu moins tentant de le faire. Je veux m’assurer profiter de l’été pour aller souvent au marché faire le plein de fruits et de légumes et manger des tonnes de salades. #allthefood

10) Reconnecter avec la nature
J’ai grandi dans un rang, entourée de champs et de forêts. Depuis que je vis en ville, je me sens souvent en manque de nature, donc je veux profiter de l’été pour aller dehors et reconnecter. Camping, randonnée, cueillette de petits fruits, mes activités préférées vont définitivement être celles qui me permettent de m’éloigner du trafic et des grandes tours de condos.

Et vous, qu’est-ce qui est sur votre bucket list pour l’été?

Minimalisme : Le commencement

jeudi 5 mai 2016



Ça fait quelques mois que je me suis engagée dans une réflexion sur le minimalisme.

L’an dernier, je quittais mon bel appartement à Verdun pour déménager dans un petit studio au centre-ville. Je laissais un appartement de deux chambres à coucher (une me servait de bureau / espace de yoga) pour aller vivre quelques mois dans un meublé dont la superficie totale dépassait à peine celle de mon ancienne chambre. J’ai mis 90% de mes possessions dans des boîtes et je les ai amenées, en plus de mes meubles, dans le sous-sol familial.

Pendant les quelques mois passés dans ce nouveau logement, très rarement je me suis ennuyée des quelques trois quarts de ma garde-robe qui gisaient dans l’immense pile de boîtes que j’avais abandonnée chez mes parents. Parallèlement, j’achetais beaucoup moins de vêtements (et d’autres biens matériels) parce que l’amoureux et moi avions décidé de quitter le pays pour aller nous installer en Europe de janvier à juin. Conséquemment, je devais me poser la question : «Est-ce que je vais l’amener en France avec moi?» chaque fois que je considérais me procurer quelque chose de nouveau. Vu la quantité d’objets que nous pouvions prendre avec nous (hint : très peu), la réponse était souvent non.




Puis, depuis janvier, nous vivons dans un studio à deux, avec une minime fraction de ce que nous possédions au Canada. Nous avons aussi voyagé pas mal avec des sacs à dos de 30L, ce qui a redéfini ma perception de « besoin » lorsqu’il est question de matériel. Ce n’est qu’au moment où j’ai dû vivre avec moins que j’ai réalisé à quel point ma vie était encombrée auparavant. Pas en terme d’espace, j’avais la chance d’avoir un grand appartement à moi seule au départ pour cacher toute mes choses. Encombrée émotionnellement. Parce que j’entretenais avec chacun de ces objets une relation affective qui m’empêchait de m’en débarrasser. Ce lien n’est pas nécessairement fort, mais il peut l’être. Je vois donc le minimalisme comme un procédé pour me détacher de mes possessions matérielles. Je perçois l’exercice du minimalisme comme celui d’arrêter d’acheter pour gérer ses émotions, comme le choix d’arrêter de surconsommer et surtout le fait d’arrêter d’acheter pour être.

Outre les objets que l’on conserve parce qu’on y a un certain attachement (cadeaux, souvenirs, item payé très cher, etc) une grande part de nos possessions restent dans nos vies simplement parce qu’on ne questionne pas leur présence.

Pour moi me tourner vers le minimalisme consiste à enclencher ce processus réflexif qui justifie la présence de tout ce que l’on possède. Déjà, ici, en Europe, j’ai fait le tour de mes possessions et je me suis demandée si elles étaient utiles, belles ou si elles me procuraient du bien-être.

Au niveau des vêtements, près du tiers de ce qui m’avait suivi ici, pourtant sélectionné parmi mes vêtements préférés, a fini par être donné à des œuvres de charité. Probablement la moitié des soins et des produits cosmétiques sans lesquels je ne pouvais m’imaginer vivre pendant 6 mois ont finalement pris le bord aussi. En voyageant, j’ai pris conscience que si je pouvais quitter pendant deux ou trois semaines sans tel ou tel produit, probablement que je pouvais m’en passer au quotidien aussi.

Donc, comme je disais, j’ai pas mal réfléchi dans la dernière année au minimalisme. Au matérialisme. Est-ce que je veux me départir de tout ce que je possède et vivre avec seulement 100 items comme les plus extrêmes du mouvement? Non. Je n'ai pas envie d'organiser ma vie selon des objectifs quantitatifs, je veux simplement vivre dans un environnement moins encombré, plus inspirant.

Pour moi, le minimalisme, tant en ce moment que lorsque nous reviendrons au Canada, est le fait de me départir de tout ce qui n’est pas utile, de tout ce qui n’est pas beau ou ne me rend pas heureuse. C’est un processus qui déjà, si fait dans la plus grande honnêteté, devrait réduire mes possessions de moitié, voir davantage.

Une fois ce premier tri fait, je pourrai réévaluer mes objectifs concernant un mode de vie plus minimaliste de manière plus éclairée et les partager avec vous. Rendez-vous dans quelques semaines pour connaître comment le premier désencombrement s’est passé!