Mode de vie zéro déchet : les 5 étapes

lundi 28 mars 2016

© The Small Forest

J’ai récemment fait la lecture du livre Zéro déchet : 100 astuces pour alléger sa vie, de l’auteure Béa Johnson, une Française expatriée aux États-Unis qui réussit avec sa famille à ne produire aucun déchet. Bien que relativement conscientisée à l’environnement, je n’avais jamais réalisé le poids des déchets que je produisais.

En fait, j’avais plutôt bonne conscience : je recyclais. Et surtout, je recyclais beaucoup. C’est avec une étrange fierté que je déposais chaque semaine un immense bac bleu presque rempli sur le trottoir devant chez moi. Comme si le fait d’accumuler suffisamment de carton voulait dire que je faisais plus attention à l’environnement que mes voisins qui eux ne remplissaient que d’immenses poubelles. Suite à la lecture de Zéro déchet, j’ai réalisé que j’étais dans l’erreur. Bien que le recyclage soit définitivement une alternative de gestion des déchets plus écologique que d’envoyer au dépotoir des tonnes de détritus annuellement, mes efforts devaient être mis à consommer moins, et surtout, à consommer mieux. L’auteure est claire : «Le zéro déchet ne vise pas à recycler plus : il fait en sorte que les déchets inutiles n’entrent pas chez nous en premier lieu.»

Dans son livre, l’auteure propose les 5 étapes suivantes pour tendre vers l’objectif ambitieux du zéro déchet. Elles constituent un guide flexible pour permettre à chacun de réduire sa production de déchets annuels. Que ce soit en faisant des efforts sur tous les fronts ou en tentant d’éliminer le plastique, l’important est de se conscientiser aux enjeux environnementaux et de revoir ses habitudes de consommation de manière critique.



Refuser

La première étape, et la plus importante, consiste à refuser les formes indirectes de consommation. C'est-à-dire de refuser tout ce dont nous n’avons pas besoin. Ces articles, qui constituent une grande partie de notre production de déchets, ne sont pas nécessairement des achats : ce sont aussi ce que l’on nous tend dans les magasins, dans la rue. L’échantillon de thé dans un gobelet en carton, la paille que l’on nous amène pour boire notre verre d’eau.

Dans cette catégorie, on retrouve les articles à usage unique (sacs, pailles, ustensiles en plastique, etc), les cadeaux gratuits (aliments en dégustation servis avec un cure-dent ou dans un petit gobelet de carton, savonnette et format miniature de shampoing à l’hôtel, échantillons de produits de beauté, etc) et les imprimés publicitaires (le publi-sac, le bottin téléphonique, les cartes professionnelles que l’on accepte même si on ne s’en servira pas, etc).

Réduire

La seconde étape consiste à réduire ce dont nous avons besoin. Cette étape s’inscrit dans un mode de vie minimaliste et vise principalement à consommer moins, mais aussi à faire le tri de ce que nous possédons déjà.

Si l’on s’intéresse au volet consommation, il s’agira de mieux consommer (prioriser les produits d’occasion, réduire les emballages, acheter en vrac, emprunter plutôt que d’acheter, lire le journal en version électronique plutôt qu’en version imprimée, etc).

Réutiliser

Cette étape permet de réduire la consommation inutile. Il existe plusieurs manières de réutiliser. Il peut s’agir simplement de réparer un bien qui est brisé ou de recoudre un vêtement abîmé. Il s’agit aussi de maximiser l’usage des objets que l’on utilise, par exemple en utilisant les deux côtés d’une feuille de papier plutôt que de n’écrire qu’au recto (je suis coupable de recycler beaucoup trop de papier avec encore pas mal d’espace pour griffonner.)

Plus simplement, cette étape consiste à préférer une alternative durable à un objet à usage unique. Amener son cabas plutôt que d’utiliser des sacs à l’épicerie, amener ses contenants réutilisables dans les magasins en vrac au lieu de prendre un sachet en plastique, avoir son thermos plutôt que de prendre son café dans un gobelet en carton, utiliser un chiffon en tissus plutôt qu’un essuie-tout, etc.

Recycler

Le recyclage n’a pas besoin de présentation. Pour plusieurs, dont moi il n’y a pas si longtemps, le recyclage constitue la solution magique à la surconsommation. Or, il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit, en fin de compte, que d’une forme de traitement des déchets.

Pour recycler efficacement, il faut s’assurer des matières acceptées par notre municipalité, notamment au niveau des types de plastique, et des lieux de collecte pour les matériaux qui sont refusés dans le bac bleu (peinture, vêtements, piles, etc)

Composter

Cette étape consiste grosso modo à la valorisation des matières organiques. Le gaspillage alimentaire est un fléau et le compost ne devrait pas servir de prétexte à une mauvaise gestion du frigo. Lorsque l’on sait qu’un foyer québécois jette en moyenne 800$ de nourriture par année, on réalise que la première étape, avant même la création d’un coin pour le compostage, est de mieux gérer ses denrées alimentaires. Étant présentement en voyage, je ne peux pas vraiment composter, sauf lorsque certaines auberges de jeunesse l’offrent. Par contre, je peux, et tout le monde le devrait, réduire la quantité de denrées alimentaires que je perds chaque semaine en m’organisant davantage.  

En somme, les conseils les plus efficaces pour réduire sa consommation de déchets sont de refuser les articles à usage unique, de trouver des alternatives à ces articles, de consommer mieux, de recycler et de mieux gérer son frigo puisque la nourriture constitue l’une des plus grandes sources de déchets domestiques.

Pour vous, l’objectif zéro déchet est un idéal à atteindre ou un extrême irréaliste?
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