Déconnecter pour mieux reconnecter

vendredi 8 avril 2016

J’ai probablement passé le tiers de ma vie devant un ordinateur.  J’ai un peu abusé quand j’ai découvert les Sims (#rosebud, tsé), ce qui boost clairement un peu mes statistiques. Dans ma vie de jeune adulte / presqu’adulte, ces heures-là sont en partie justifiées par les nombreuses heures à travailler à l’ordinateur ou à rédiger un essai pour l’un ou l’autre  des 120 cours universitaires que j’ai suivi. Mais il y a pas mal d’heures sur Facebook qui font tourner le compteur des heures que j’accumule sur les interwebs. Je suis pas mal certaine que j’ai passé la moitié de ma vie connectée à une forme ou une autre de technologie. Mon cellulaire est la première chose que je regarde en me levant, et la douce lueur bleue de son écran me tient éveillé jusqu’à tard la nuit.

Donc, j’ai sûrement passé la moitié de ma vie connectée à au moins une forme de technologie, souvent à deux à la fois. Si on enlève le tiers de ma vie que je passe à dormir (ou du moins, le tiers de ma vie que j’aurais dû passer à dormir), il ne reste pas tant de temps libres pour être présente et connectée à mon environnement plutôt qu’à un écran. J’ai toujours 8 articles d’ouverts en même temps sur mon ordinateur. Je fais pas mal tout le temps deux ou trois choses à la fois. Ou plutôt, je faisais.
J’ai remarqué avec ironie que je n’avais pas eu le temps de lire le livre amené avec moi pour un long 6 heures de train. Que je n’avais pas pris le temps de le lire, en fait. Pas parce que je jasais avec le petit dude, nanon, lui il dormait. Juste parce que j’avais scroller dans les abîmes d’Instagram, parce que j’avais survolé 92 articles sans prendre le temps d’en lire un pour vrai, parce que j’avais essayé de trouver la fin de l’Internet. Au final, j’ai passé le temps. Sauf que c’est juste ça que j’ai fait. J’ai laissé le temps passer sans rien en retirer. Ça n’avait rien à voir avec le plaisir de se plonger dans un bon roman ou celui d’une conversation passionnante.
J’étais juste tellement connectée que j’en devenais déconnectée de tout. J’ai réalisé que j’étais partiellement présente dans ce que je faisais quand un nouveau personnage est arrivé dans la série que j’écoutais cellulaire à la main et que je l’ai réalisé après deux épisodes. Ça, c’est un peu intense, mais ça m’est arrivé souvent de regarder ou de lire quelque chose pis de ne pas comprendre comment les choses avaient évolué de A à B parce que je m’étais laissé distraire par mon cellulaire ou ma tablette. Que celui ou celle qui n’a jamais vécu ça dans un cours lève jette la première pierre. J’ai vraiment plein de gens autour de moi qui se soupçonne des déficits d’attention, mais sérieusement, la majorité d’entre eux sont seulement des gens qui divisent trop leur attention entre ce qui se passe dans la vraie vie et ce qui se passe sur les internets. Vraiment plein de gens autour de moi qui disent qu’ils aimeraient faire telle ou telle chose, mais qu’ils n’ont pas le temps, alors qu’ils prennent une heure de leur temps chaque jour pour essayer de finir la dernière saison d’une série qui finalement ne les intéressent plus tant que ça, mais qu’ils regardent par habitude.
Bref, de réaliser ça, ça m’a donné envie de me déconnecter un petit peu. D’utiliser plus de mon temps pour faire des trucs enrichissants ou au moins qui laisse un souvenir un peu moins flou que 46 images Pinterest défilé à la minute. Arrêter que trop de mon temps soit utilisé à juste passer le temps. Pas que je veule abandonner les médias sociaux, la plupart du temps c’est une superbe source d’inspiration. Juste arrêter d’être sur le pilote automatique. Changer un peu les pourcentages de ma vie où je me dédis totalement à une chose à la fois. Lire plus de livres, moins de statuts Facebook. Voir plus de choses, moins d’images Instagram. Regarder autour de moi au lieu de fixer un écran dans les transports en commun, dans les cafés. Remplir un peu plus de moments avec des choses qui comptent. Et pour l’instant, même si je n’ai pas encore coupé le cordon ombilical avec mon cellulaire, je sens déjà une connexion plus forte avec ce qui m’entoure, avec mes objectifs. Je passe davantage de temps à faire des choses que j’aime ou qui me sont importantes.
Comme quoi des fois il faut juste se déconnecter pour mieux reconnecter.


5 commentaires on "Déconnecter pour mieux reconnecter"
  1. Non, je n'ai jamais été distraite de la vie par un écran ou par Internet. Mais je ne te jetterai pas pour autant la pierre ;-)
    Quand je lis, parfois mon esprit s'évade, mais sans écran, juste dans les méandres de mon imaginaire. Pourquoi ? Alors que je lis...
    C'est agaçant :p
    Si je quitte les yeux d'un film pour les tourner vers mon téléphone c'est que j'ai fait le choix clair de ne plus suivre le film qui m'ennuie certainement...

    Je me refuse au maximum les automatismes, j'aime me dire que je ne réponds pas automatiquement "bien et toi ?" À la question "ça va ?" Sans en écouter non plus la réponse. J'aime faire les choses avec conscience.

    Dans les transports publics, j'ai toujours un livre avec moi, parfois je ne lis pas. J'en suis consciente et je n'aime pas trop ne pas lire en vrai, mais je ne perds pas mon temps pour autant, pas d'après moi. Même si parfois je suis déçu de ne pas avoir lu (ou avoir le double temps de trajet).

    J'aimerais malgré tout déconnecter souvent, mais c'est difficile.
    Le simple fait d'être injoignable une journée ferait paniquer ma mère...
    Mais je ne cours jamais pour repondre à un sms, bien souvent je l'oublie et n'y réponds que le soir, si c'est urgent, on m'appelle. Mais je n'aime pas les coups de téléphone... Je ne décroche que pour mes proches (parents, soeur, petit ami... Mais y a que ma mère qui m'appelle sur les 4 :-p)
    Bref... Dur dur.

    Rien de tel que le retour aux sources, c'est clair !

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  2. Faire le choix conscient de ne pas lire, je ne le conçoit pas comme une perte de temps non plus (quoi que lorsque j'avais des lectures à faire pour mes cours, c'en était probablement une.) Ce que je déplore, ce sont ces moments dans les transports où j'ai avec moi mon téléphone cellulaire, et durant lesquels j'ouvre les médias sociaux juste pour voir... pour réaliser que j'ai passé tout le trajet à regarder des futilités plutôt que le livre qui me faisait envie. ^^

    Moi c'est le contraire, les textos je suis incapable de ne pas y répondre, mais les appels je n'ai pas trop de problèmes à les envoyer dans ma boite vocale (je déteste parler au téléphone, même pour commander un plat à livrer).

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  3. Oh mais comme je me reconnais dans ton post... rester connectée sans arrêt à son cellulaire ou son pc.Hum Hum XD Heureusement je n'ai jamais été FB, j'ai au moins pu éviter cette dépendance... mais le reste y est passé: instagram, flickr, 500px, snap, whatsapp; des heures à jouer à un jeu et à me sentir obliger d'y rester connectée 24h/24 (à même mettre mon réveil plusieurs fois dans la nuit pour éviter de rater un ramassage de vie) tout cela pour échanger des vies avec les 250 autres joueurs que je ne connaissaient pas mais qui étaient dans ma liste d'amis uniquement pour ce jeu! Sans compter le temps où comme toi, je regardais des articles sans même vraiment les lires, juste pour faire passer le temps. Je sais qu'une partie de cette connexion sans concentration vient d'un de mes problèmes. Mais c'est aussi devenu tellement courant de regarder son écran de portable durant un trajet en train, métro.. c'est devenu machinal pour une quantité de personnes.C'en est presque devenu viral. Alors oui, se déconnecter ça fait du bien! Et c'est aussi ce que j'ai fait avant de me décider à reprendre mon pc pour bloguer. Et quand je me suis dite "allez c'est ok, vas-y" je me suis mise des bases : "ok tu blogues mais tu ne dois plus te sentir obligée de... et éviter de rester 23h/24 devant son pc ou son portable pour voir si il y un commentaires ou autre".
    Bref, j'ai vraiment apprécié lire ton billet! merci!

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    1. Merci pour tes commentaires ! Effectivement, quand on blogue c'est un peu plus difficile de déconnecter à 100%. Pour moi, les statistiques, c'est une fois par jour max, sinon j'y passerais des heures 😂

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    2. Merci pour tes commentaires ! Effectivement, quand on blogue c'est un peu plus difficile de déconnecter à 100%. Pour moi, les statistiques, c'est une fois par jour max, sinon j'y passerais des heures 😂

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