Quand la carte de crédit sert de psy : petite histoire de shopping émotionnel

mercredi 27 avril 2016



J’en parle relativement souvent, je suis inspirée par le mouvement minimaliste. Cette semaine, je faisais le tri dans la partie des possessions qui m’ont suivie outre-mer, et le sentiment de ne pas m’encombrer de trucs que je ne trouvais pas utiles ou beaux, de me débarrasser de ces vêtements que je ne portais plus vraiment, était vraiment satisfaisant.
Parallèlement à ça, j’ai été vraiment efficace. Mon projet d’écriture a avancé plus que dans les dernières semaines derniers mois. Les préparatifs de notre déménagement à Toronto en juillet ont pas mal été bouclés (il nous manque seulement un appartement, yikes.)
Bref, dans une autre vie, pour célébrer, j’aurais pris la ligne verte pour visiter ma trinité du magasinage, le F21, le H&M et le Sephora pour m’acheter des nouveaux vêtements pis du maquillage. Parce que c’est comme ça que je célébrais. Comme ça que je gérais le stress, aussi. Que je gérais les moments plus rough de la vie. Bref, je passais vraiment beaucoup de temps entre les stations Peel et McGill, et toutes les raisons étaient bonnes pour acheter quelque chose. Un peu comme les gens qui mangent leurs émotions, sauf que moi, ce sont des vêtements que je consommais et c'est ma garde-robe qui grossissait.

Okey, on se le cachera pas, des fois je mange mes émotions aussi.
Éventuellement, je me suis calmée un peu, parce qu’il y a des limites à dépenser, mais surtout parce qu’il y a des limites à ma carte de crédit. #lolpaslol Aussi, j’ai commencé à voyager plus, et j’avais mes études sans fin à financer. Mais le réflexe d’aller faire un tour au centre d’achat ou sur les internets pour m’acheter des nouvelles lunettes de soleil assez grandes pour cacher que la vie m’avait fait pleurer dernièrement était toujours là. Je veux dire, je le méritais, j’avais eu la meilleure note de la classe. Encore plus, je le méritais, tout allait mal, au moins j’allais avoir des beaux souliers. La seule différence avec avant, c’est que j’achetais moins de choses à la fois, mais je continuais à dealer mes émotions avec ma carte de crédit.
Ce réflexe-là, je l’ai depuis longtemps, avec ma mère on allait magasiner chaque dimanche et chaque petite victoire était un prétexte pour s’acheter quelque chose. Pendant vraiment longtemps je pouvais relate aux livres L’accro du shopping, sans vraiment trouver ça wrong (Becky était vraiment attachante, je trouve). Mais-là, alors que j’essaie d’épurer un peu mon en dedans et mon appart, ce réflexe-là n’est plus vraiment approprié.
Ça fait que cette semaine, pour célébrer les chapitres écrits et les préparatifs terminés, je n’ai pas couru au H&M. Malgré le vraiment beau romper vu en ligne. J’ai juste pris le temps de lire les livres qui traînaient sur mon bureau depuis quelques semaines et que je ne finissais pas parce que j’avais la tête à Toronto. Pis j’ai écrit une liste de trucs pour arrêter de gérer les aléas de la vie avec sa Mastercard (Ou sa Visa. Ou les deux). C’est juste là :
Prendre le temps de définir son état émotionnel
Ça m’a pris un petit bout avant de reconnaître mes patterns. C’est définitivement la première étape que de constater qu’on n’achète pas pour les bonnes raisons. Une fois que c’est fait, c’est vraiment plus facile de reconnaître les situations où on ne devrait pas aller voir nos nouveautés en ligne sur le site de notre magasin préf’.
Aussi, je n’utilise plus ma carte de crédit si je sais que mon état émotionnel n’est pas neutre. Booker un voyage en Italie sur un coup de tête parce que j’avais eu une semaine vraiment merdique a été une des meilleures mauvaises idées de ma vie, mais en contrepartie, j’ai accumulé vraiment beaucoup d’objets qui brillent parce que j’avais besoin de mettre un peu de beau dans ma vie à ce moment-là, et ça c’est un truc que j’aimerais mieux ne pas recommencer à faire. Parce que j’ai des dettes d’études, pis parce que je n’ai plus envie d’avoir une garde-robe remplie à craquer de morceaux un peu lol que je ne mets jamais.
Limiter les tentations
Pendant cinq ans, j’ai vécu vraiment proche de mes magasins préférés, donc ce n’était pas rare pour moi de m’y retrouver juste parce que je m’ennuyais. Et on va se le dire, une fois là-bas, c’était pas mal facile d’acheter un petit chandail juste parce que. (Ces chandails-là sont ceux que je retrouvais encore il y a pas si longtemps au fond d’un tiroir avec leur étiquette. Not cool.)
Un moment donné, je me suis obligée à moins aller dans les magasins, et j’ai arrêté de surconsommer des magazines de mode. Je faisais juste me créer des besoins.
Avoir un budget
Parfois, malgré ma bonne volonté, je me retrouvais au centre d’achat quand mes émotions se faisaient aller. Lorsque j’ai réalisé que souvent j’allais au centre commercial pour combler un vide, mon truc préféré était d’amener en argent comptant seulement le montant que j’étais en mesure de dépenser. Histoire de réduire les dommages.
Attendre avant d’acheter
Probablement le meilleur truc pour moi. Maintenant, c’est vraiment rare que j’achète quelque chose que je vois pour la première fois, particulièrement pour les vêtements.
Si je trouve quelque chose vraiment beau, je l’essaie, et je le remets là. Quand un morceau est vraiment un coup de cœur, je résiste rarement à l’envie de retourner l’acheter avant la fin de mon magasinage. Par contre, la plupart du temps, je rentre chez moi et je prends le temps de regarder s’il irait avec les vêtements que je possède déjà, je prends quelques jours pour y réfléchir. Des fois je retourne au magasin deux ou trois jours plus tard pour aller m’acheter le si lovely short qui m’avait fait de l’œil. Le plus souvent, j’oublie les souliers que je trouvais tellement beaux et qui me semblaient si nécessaires pour survivre à l’été.
Acheter des expériences plutôt que des objets
Ça fait un bon moment que je n’ai pas céder à l’envie de refaire ma garde-robe parce que j’avais une nouvelle job ou parce que j’étais ultra-stressée. Reste que j’ai encore parfois des émotions que je n’ai pas envie de gérer sur le coup et la tentation d’aller dépenser pour me changer les idées existe encore par moment. À défaut de toujours bien gérer ma carte de crédit quand je vis des émotions intenses, j’essaie maintenant d’acheter des expériences plutôt que du matériel.
Mon meilleur move a probablement été de m’inscrire à des cours d’escalade il y a quelques années quand je vivais une petite crise existentielle. Avec cet argent-là, j’aurais pu refaire ma garde-robe, mais à la place j’ai trouvé une discipline qui est devenue une vraie passion, en plus de passer un été vraiment fou à grimper quelques fois par semaine avec une amie. Donc la prochaine fois que t’as un panier virtuel plein chez Aritza et que t’as vraiment envie de dépenser tes sous, questionnes-toi à savoir si t’aimerais pas mieux un cours de SUP Yoga, un massage ou un petit roadtrip dans le Nord avec cet argent-là. Ce sont des alternatives pas mal plus relaxantes qu’un 8ème pull, promis.

Parce que souvent, c'est pas d'une 100ème paire de souliers que tu as besoin pour te sentir mieux.
Vivre ses émotions
Pour moi ç’a été un game changer. Parce qu’une fois qu’on arrête d’essayer de se cacher entre deux présentoirs de belles affaires pour oublier que les choses vont plus ou moins bien, on se retrouve confronté à nos émotions. Personnellement, j’avais vraiment de la misère à dealer avec le fait d’avoir des émotions, au point où j’ai été voir un psy pour ça, mais ça, c’est une autre histoire. (Quand même le meilleur move ever, tout le monde devraient aller voir un psy au moins une fois par année.)
Une fois qu’on accepte d’être comme tous le monde pis d’avoir des émotions, on peut apprendre à dealer avec celles-ci positivement. Pour moi maintenant, c’est à travers l’écriture, le yoga, l’escalade et la lecture que ça se fait. Pour d’autres c’est la course ou les mandalas. Suffit de trouver une / des activités qui nous font du bien, et de les choisir over le Sephora la prochaine fois que les émotions se pointent.
Pour vous le shopping, c’est une façon de vous récompenser / de vous consoler, ou plutôt quelque chose qui vous embête?

2 commentaires on "Quand la carte de crédit sert de psy : petite histoire de shopping émotionnel"
  1. Super article !
    Pas toujours évident en pratique mais bénéfique.
    Je vois d'autres sujets qui ont l'air intéressants, notamment les essentiels dans l'avion, je vais le lire.
    Top ce blog.

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    1. Merci pour tes commentaires,j'espère que les autres articles te plaieront 😘

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