Manger végétarien au Maroc

jeudi 12 mai 2016





Avant de partir pour le Maroc, j’avais quelques appréhensions culinaires malgré mes petits trucs pour voyager végé. Est-ce que j’allais pouvoir trouver des alternatives végétariennes facilement? Une visite préliminaire des internets m’a laissée un peu perplexe : j’apprenais que le concept du végétarisme était un peu flou au Maroc. Que nenni ! Pendant mon séjour, je n’ai eu aucune difficulté à trouver des options végétariennes. Notons toutefois que notre itinéraire nous a amenés dans des villes touristiques, ce qui peut expliquer la facilité à trouver des alternatives végétariennes.
Tout d’abord, Marrakech. La première soirée, nous faisons un arrêt dans l’un des nombreux kiosques de la place Jemaa el-Fna pour faire le plein de dattes charnues, de fruits séchés et de noix.



Nos petits déjeuners, toujours offerts par les auberges de jeunesse où nous logions, étaient composés de différents pains et confitures, parfois d’œufs et de Msemmens,  l’équivalent marocain de notre crêpe.  À Essaouira, où nous avons terminé notre séjour, nous avons préféré les crêpes garnis de sucre et de cannelle vendues dans les rues.

Contrairement à nos habitudes, nous n’avons pas une fois cuisiné pendant notre voyage. Premièrement parce que les différents endroits où nous avons séjourné n’avaient pas de cuisine, deuxièmement parce que les repas au restaurant coûtaient très peu cher. Le premier endroit où nous nous sommes arrêtés à Marrakech, un petit boui-boui de 8 places suggéré par un local rencontré dans la journée, fût l’un des seuls établissements qui n’offraient pas de plats végétariens. En fait, il n’y avait pas de menu, c’était tagine pour tout le monde. Après avoir compris que je ne mangeais pas de viande, le propriétaire m’a tout de suite proposé de me faire une salade marocaine (tomate, concombre, poivron, oignon). Vu la chaleur de cet après-midi-là, qui dépassait les trente degrés, j’étais bien contente d’avoir devant moi une salade fraîche plutôt qu’un tagine fumant.

Par la suite, durant les quelques jours passés à Marrakech, la plupart des établissements avec menu offraient un tagine végétarien, et le vendredi, un couscous végétarien. Le tagine est récurrent, qu’il soit avec ou sans viande. J’étais heureuse de pouvoir goûter différentes salades, délicieuses, dont une à l’aubergine que je tenterai probablement de recréer dans les prochaines semaines.

Il faut dire que la médina est très touristique, et par conséquent les restaurants le sont aussi. Nous avons même cédé pour de la pizza un soir, alors que nous avions besoin d’une petite pause de tagine. Il n’y avait pas d’options végétariennes, mais on m’a très facilement accommodé en remplaçant la viande pour un supplément de légumes.



Nous quittions ensuite pour une expédition dans le désert de Merzouga, d’une durée de trois jours. Nous avons choisi l’option facile : un tour organisé par notre auberge de jeunesse, pour 80 euros (800 dirhams). Le montant incluait le transport (par autobus et en dromadaire), l’hébergement, ainsi que les petits déjeuners et les repas du soir.

Si mes fruits séchés sont restés bien cachés dans mon sac les premiers jours du voyage puisque nous mangions toujours copieusement dans les restaurants, ils furent fortement utiles dans les (très) longs trajets d’autobus prévus lors de cette escapade dans le Sahara. La première journée, nous avons pris le petit-déjeuner avant de quitter Marrakech, vers 6h30, et notre repas du midi n’a suivi qu’à 15 heures. Soyons honnêtes, sans mes dattes, j’aurais été affamée (et probablement de la pire humeur possible, puisque je ne tolère pas avoir faim).

Un peu comme à Marrakech, beaucoup de tagines. C’était le menu chaque soir, donc le midi nous tentions de varier un peu. Les restaurants, bien que probablement visiter par une majorité de touristes, n’avaient pas autant d’options végétariennes. Alors que les gens avec qui je voyageais se gavaient de burgers, mes choix se limitaient à tagine et couscous.


Un soir, alors que je demandais au serveur si les tagines étaient cuits avec de la viande, il m’a demandé si je préférais avoir une omelette avec riz et salade marocaine. Alléluia. J’ai d’ailleurs demandé la même chose le lendemain midi, puisque l’omelette garnie de fines herbes que l’on m’a servie ce midi-là était délectable.  Les gens ont toujours semblé avoir un réel intérêt à accommoder mon alimentation, me proposant souvent des alternatives. On a ajouté à quelques reprises des œufs sur mon tagine aux légumes à ma demande, même s’il s’agit probablement d’une hérésie culinairement parlant.


Les repas incluent dans le tour étaient aussi végétariens, j’en avais fait la demande avant notre départ, mais je crois que vu l’abondance de gens qui font ce trajet, les hôtels visités ainsi que la compagnie qui nous amène dans le désert en ont l’habitude.

À Essaouira, portrait semblable à celui de Marrakech : beaucoup de tagines, pas mal de touristes, quelques restaurants croisés avec des menus végétariens. J’ai mangé deux fois de la pastilla végétarienne, une pâte feuilletée remplie de légumes qui en vaut vraiment la peine. Une recette à refaire absolument. Aussi au menu, potage de légumes (sans bouillon carné), et des falafels, tout d’abord dans le plus charmant des restaurants où le propriétaire m’a expliqué chacun des plats du menu en m’expliquant s’ils avaient ou non été fait avec un bouillon de viande, et quels plats pouvaient être transformés en plats végétariens en substituant un élément ou un autre. À sa suggestion, je goûte aussi la harira, une soupe de légumes et de pois chiches épicée.



Pendant la dizaine de jours que nous avons passés au Maroc, je n’ai jamais eu de la difficulté à trouver des alternatives végétariennes. Même lorsque celles-ci n’étaient pas proposées à la base, les restaurateurs m’accommodaient en me préparant un plat. Par exemple, à la gare de Marrakech, nous sommes arrêtés dans un petit casse-croûte pour prendre quelque chose à manger pour le trajet. Le restaurant offrait différents sandwichs à la viande et des burgers. Je me serais probablement contenté de collations (le trajet ne dure que deux heures) mais en discutant avec un des serveurs, celui-ci m’a proposé de me faire un sandwich au fromage et aux légumes en apprenant que je ne mangeais pas de viande.

Si vous prévoyiez séjourner au Maroc, vous n’avez donc pas à vous inquiéter pour votre alimentation. Bien que les plats soient parfois répétitifs, il sera facile pour vous d’avoir une diète végétarienne, du moins dans les grands centres. Par ailleurs, ne passez pas à côté des jus de fruits frais, délicieux (et très peu chers). Attention toutefois puisque certains sont coupés avec de l’eau, ce qui peut résulter en de petits malaises gastriques.

Si le menu ne propose pas d’options végétariennes, n’hésitez pas à demander. Rares sont les restaurateurs qui ne vous accommoderont pas d’une salade marocaine et d’une sandwich au fromage, d’œufs au plat ou de riz aux légumes.  

Avez-vous visité le Maroc? Quel fut votre plat préféré?



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