Minimalisme : Le commencement

jeudi 5 mai 2016



Ça fait quelques mois que je me suis engagée dans une réflexion sur le minimalisme.

L’an dernier, je quittais mon bel appartement à Verdun pour déménager dans un petit studio au centre-ville. Je laissais un appartement de deux chambres à coucher (une me servait de bureau / espace de yoga) pour aller vivre quelques mois dans un meublé dont la superficie totale dépassait à peine celle de mon ancienne chambre. J’ai mis 90% de mes possessions dans des boîtes et je les ai amenées, en plus de mes meubles, dans le sous-sol familial.

Pendant les quelques mois passés dans ce nouveau logement, très rarement je me suis ennuyée des quelques trois quarts de ma garde-robe qui gisaient dans l’immense pile de boîtes que j’avais abandonnée chez mes parents. Parallèlement, j’achetais beaucoup moins de vêtements (et d’autres biens matériels) parce que l’amoureux et moi avions décidé de quitter le pays pour aller nous installer en Europe de janvier à juin. Conséquemment, je devais me poser la question : «Est-ce que je vais l’amener en France avec moi?» chaque fois que je considérais me procurer quelque chose de nouveau. Vu la quantité d’objets que nous pouvions prendre avec nous (hint : très peu), la réponse était souvent non.




Puis, depuis janvier, nous vivons dans un studio à deux, avec une minime fraction de ce que nous possédions au Canada. Nous avons aussi voyagé pas mal avec des sacs à dos de 30L, ce qui a redéfini ma perception de « besoin » lorsqu’il est question de matériel. Ce n’est qu’au moment où j’ai dû vivre avec moins que j’ai réalisé à quel point ma vie était encombrée auparavant. Pas en terme d’espace, j’avais la chance d’avoir un grand appartement à moi seule au départ pour cacher toute mes choses. Encombrée émotionnellement. Parce que j’entretenais avec chacun de ces objets une relation affective qui m’empêchait de m’en débarrasser. Ce lien n’est pas nécessairement fort, mais il peut l’être. Je vois donc le minimalisme comme un procédé pour me détacher de mes possessions matérielles. Je perçois l’exercice du minimalisme comme celui d’arrêter d’acheter pour gérer ses émotions, comme le choix d’arrêter de surconsommer et surtout le fait d’arrêter d’acheter pour être.

Outre les objets que l’on conserve parce qu’on y a un certain attachement (cadeaux, souvenirs, item payé très cher, etc) une grande part de nos possessions restent dans nos vies simplement parce qu’on ne questionne pas leur présence.

Pour moi me tourner vers le minimalisme consiste à enclencher ce processus réflexif qui justifie la présence de tout ce que l’on possède. Déjà, ici, en Europe, j’ai fait le tour de mes possessions et je me suis demandée si elles étaient utiles, belles ou si elles me procuraient du bien-être.

Au niveau des vêtements, près du tiers de ce qui m’avait suivi ici, pourtant sélectionné parmi mes vêtements préférés, a fini par être donné à des œuvres de charité. Probablement la moitié des soins et des produits cosmétiques sans lesquels je ne pouvais m’imaginer vivre pendant 6 mois ont finalement pris le bord aussi. En voyageant, j’ai pris conscience que si je pouvais quitter pendant deux ou trois semaines sans tel ou tel produit, probablement que je pouvais m’en passer au quotidien aussi.

Donc, comme je disais, j’ai pas mal réfléchi dans la dernière année au minimalisme. Au matérialisme. Est-ce que je veux me départir de tout ce que je possède et vivre avec seulement 100 items comme les plus extrêmes du mouvement? Non. Je n'ai pas envie d'organiser ma vie selon des objectifs quantitatifs, je veux simplement vivre dans un environnement moins encombré, plus inspirant.

Pour moi, le minimalisme, tant en ce moment que lorsque nous reviendrons au Canada, est le fait de me départir de tout ce qui n’est pas utile, de tout ce qui n’est pas beau ou ne me rend pas heureuse. C’est un processus qui déjà, si fait dans la plus grande honnêteté, devrait réduire mes possessions de moitié, voir davantage.

Une fois ce premier tri fait, je pourrai réévaluer mes objectifs concernant un mode de vie plus minimaliste de manière plus éclairée et les partager avec vous. Rendez-vous dans quelques semaines pour connaître comment le premier désencombrement s’est passé!



2 commentaires on "Minimalisme : Le commencement"
  1. Je suis dans un processus de réduction de mes possessions depuis quelques années. Un de mes trucs est de me demander si j'ai encore envie d'épousseter tel cossin. Souvent, la réponse est non, donc je donne. J'ai 1100 pieds carrés et je pourrais déménager dans 600 pieds carrés facilement tellement j'ai épuré. Et si j'avais à déménager dans plus petit, je donnerais un grand coup dans la dépossession!

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    1. Wahou ! Je suis d'avis que de réduire la quantité de ménage à faire est l'un meilleur argument pour réduire ses possessions (et la taille de sa maison!). :)

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